Quand la Grosse Pomme donne du raisin… La région de New York a présenté ses vins à Bruxelles.

Qui dit New-York dit Grosse Pomme, of course, à la limite pont de Brooklyn ou Time Square, mais sûrement pas production de vins ! Et pourtant… depuis le 17ème siècle des vignes font partie du paysage de l’État ! Étonnamment ce ne sont pas des français, mais bien des immigrés hollandais qui à l’époque ont lancé cette activité devenue florissante au fil des siècles. Aujourd’hui sous la devise « European latitude, New World attitude, cool climate viticulture », l’État de New York est devenu la troisième région productrice de vins des USA. Sans être en lutte avec une région réputée comme la Californie, New York représente 150.000 hectares de vignes et 471 producteurs (wineries) qui collectent même des médailles internationales pour leurs Riesling, Cabernet Francs ou Chardonnay. On y trouve aussi des variétés traditionnelles comme Catawba, Niagara ou encore Cayuga et Traminette… Les autres régions vinicoles américaines sont Washington, l’Oregon, la Virginie et bien sûr la reine Californie.

11 appellations, tout de même…

Nous avons été assez étonnés en recevant l’invitation presse nous proposant de découvrir les vins de New York dans le cadre prestigieux des Armes de Bruxelles, à l’initiative de la toujours étonnante Murielle Malalel (Azerty Press & Public Relations). Des vins à Big Apple ? Nous étions tous étonnés et pourtant nombreux à finalement assister à la dégustation. Il existe donc 11 appellations géographiques officielles (AVAs) dans l’État : Champlain Valley of New York, Finger Lakes, Lake Erie, Long Island, Hudson River Region, Niagara Escarpment, Upper Hudson, Seneca Lake, Cayuga Lake, Hamptons et North Fork de Long Island.

Des cépages connus et appréciés chez nous.

On retrouve dans la production new-yorkaise des cépages que l’amateur européen apprécie particulièrement et nous avons dégusté de très bonnes choses, mais aussi certains produits encore très jeunes ou qui manquent un peu de savoir-faire. Il faut dire qu’à de rares exceptions près, la plupart des entreprises viticoles actuelles ont été lancées entre les années 1990 et 2010. Il faut donc sans doute laisser du temps au temps, pour que le savoir-faire évolue encore. Nous avons noté de grandes disparités de prix et certains flacons nous semblent sous-évalués tandis que d’autres paraissent clairement surestimés. Mais, disons que l’esprit des consommateurs américains n’est pas le même que le nôtre et que les prix s’adapteront au marché, lorsque les importations commenceront. En tout cas, l’opération séduction auprès des journalistes et professionnels belges a commencé et, ne nous en cachons pas, notre intérêt a été éveillé. Une bonne partie du Cabernet Sauvignon produit à New York est cultivé sur Long Island, le Cabernet Franc réussit fort bien à s’épanouir dans la Vallée de l’Hudson, le Merlot est le cépage signature de Long Island et le Riesling celui des Finger Lakes, une superbe successions de lacs tout en longueur séparés par des terres fertiles… Le Chardonnay de New York se situe un peu entre le Chablis traditionnel et les versions classiques californiennes, et les cercles d’amateurs de vin voient dans le Gewurztraminer un futur grand cépage de New York.

Les diverses régions viticoles de New-York :

Une aire viticole américaine (AVA) se distingue par des critères caractéristiques géographiques, avec des limites définies par le Alcohol and Tobacco Tax and Trade Bureau, United States Department of the Treasury. Chaque région présente des combinaisons distinctes de sol, de topographie et de climat qui rendent les vins uniques. Dans les Finger Lakes, les lacs modèrent le climat en réchauffant ou refroidissant (selon la saison) l’atmosphère environnante, rendant la viticulture possible dans cette partie nord de l’Etat. Long Island AVA ne date que de 2001 et ses deux terroirs différents bénéficient d’un climat plus chaud que les Finger Lakes, adapté aux cépages bordelais Merlot, Cabernets et Sauvignon blanc, mais pas seulement (Chardonnay, Pinot Blanc, Chenin etc.). Le rôle unique de New York en tant que région pionnière en viticulture a laissé un héritage diversifié dans son vignoble, ce mélange de l’ancien et du nouveau monde fait des vins de New York quelque-chose d’unique. Variétés indigènes, hybrides franco-américains (ou hybrides producteurs directs) et vinifera offrent une gamme de vins exceptionnelle. On trouve à New York une palette de cépages supérieure à la plupart des régions viticoles du monde, pour tous les goûts et tous les budgets. Les vins de New York de tous types commencent à se faire connaître à l’étranger. L’histoire des vins de l’État est toujours en cours d’écriture, avec une volonté d’innover, de s’exprimer autrement, de faire avancer la viticulture et de créer des traditions nouvelles. Nous serons attentifs à l’évolution de cette production que nous découvrons à peine.

La sélection de Patrick.

J’étais accompagné de Patrick Falmagne, amateur éclairé qui collaborera désormais à nos articles consacrés aux vins, alcools et liqueurs. Pour son baptême dans les Chroniques, il a dégusté attentivement chaque vin qui nous était présenté et établi une sélection regroupant ses trois flacons préférés. Les voici…

La dégustation :

Une quarantaine de vins (39). Il y a plus de vins blancs (22) que de vins rouge (16) et un seul rosé (1).

Nous découvrons ces vins car nous ne les connaissons pas. Il faut reconnaître que cela fait un peu « supermarché du vin » et on « copie des typicités de France ». Au fil de la dégustation, nous perdons nos repères et c’est déstabilisant. Reconnaissons-le, certains flacons ne tiennent pas la route, mais d’autres sont bien élaborés, il faut le dire aussi. Pourtant, au final on peut tout de même dire que tout cela manque un peu de caractère et que nous ne retrouvons pas toujours l’identité du cépage d’origine. Le savoir-faire est là pour certains producteurs, d’autres ont encore des choses à apprendre. Mais, nous ne demandons qu’à re-goûter dans quelques temps car rappelons-nous que c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Toutefois selon moi, quelques vins se sont distingués au cours de cette belle présentation où nous avons pu déguster aussi de délicieuses petites portions de spécialités de la gastronomie bruxelloise des Armes de Bruxelles (que vous retrouverez très prochainement sur les Chroniques de Marcus. Un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte), concoctées par le toujours talentueux Chef Cédric Callenaere.

Voici mon top 3 (photos):

1. Producteur : Hosmer winery – www.hosmerwinery.com

    Dry Riesling 2020 (100% Riesling).

    Bien équilibré, subtil, le Riesling est bien présent. Nous ressentons un léger goût ferreux, minéral.

2. Producteur : RGNY – North Fork – www.rgnywine.com

Scielo NY Chardonnay 2019(100% Chardonnay)

    Il a du caractère et une belle robe jaunâtre. Il est plutôt rond, avec un côté australien.

3. Producteur : Brotherhood winery – www.brotherhood-winery.com

    Brotherhood Cabernet Sauvignon 2017 (100% Cabernet Sauvignon)

    Les tanins sont bien présents. Il a une bonne persistance, une belle robe et une belle longueur en bouche.

Attention : concernant les prix, il ne faut pas oublier d’ajouter 21% de taxes ! On ne peut se les fournir actuellement qu’auprès des producteurs, mais gageons qu’un futur importateur se fera bientôt connaître en Belgique, ce dont nous ne manquerons pas de vous informer. Il faut compter entre environ 18 et 50 € hors taxes.

Plus d’informations sur les sites suivants :

www.newyorkwines.co.uk
www.newyorkwines.org

Marcus & Patrick Falmagne

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