Vous avez très faim à Cannes, pensez à la Brouette de Grand-mère !

Dès qu’on prononce le nom de Cannes on pense plages, casinos, boutiques de luxe et Palaces… Si Clic Infos a décidé de passer la seconde moitié de ce mois de juillet dans la superbe ville du plus célèbre Festival du Film au monde, c’est évidemment pour vous montrer des choses vraiment exceptionnelles : les feux d’artifice, le splendide Hôtel Carlton, les plages, les îles voisines, un yacht, un shooting photo… Mais, aussi pour prouver que l’exceptionnel peut se cacher au cœur de la ville, dans la convivialité et la gentillesse légendaires des gens du midi. Pour ce premier restaurant cannois, nous avons décidé de vous emmener dîner à la Brouette de Grand’ Mère. Depuis 1977 la cuisine y est généreuse, savoureuse, faite de tradition culinaire et d’un p’tit coup de folie, mais aussi d’un rapport qualité-prix exceptionnel pour Cannes. Cela fait donc 41 ans que la formule fonctionne et ce n’est pas pour rien !

C’est vrai que qui dit Cannes, dit en général « luxe » et « prix très élevés »… Eh bien pas toujours et nous allons vous le prouver. Vous pouvez évidemment aller dîner durant votre séjour dans de grands restaurants étoilés et y vivre ce que j’appellerais le rêve Cannois. Mais, si vous avez moins de fortune ou simplement envie de sentir la vie de cette ville si jolie, dans la convivialité et la chaleur du midi (dans tous les sens du terme), vous déciderez sans doute de trouver un restaurant où vous dinerez bien et trouverez de la générosité dans les assiettes autant que dans les propos… Et là, nous disons sans ambages : la Brouette de Grand’ Mère ! Non, ce n’est pas une faute mais bien la manière d’écrire le nom d’une institution plus que quarantenaire. Depuis 1977, on y sert un menu unique (avec six choix de plats quand même) au prix de 46 € vins compris… Un rapport qualité-prix difficilement battable ici. Alors, suivez-nous… on vous emmène dîner !

La formule est simple… le menu se présente comme suit : Nicolas et Clara, les jeunes propriétaires, vous offrent une coupe de bulles apéritives agréables et rafraîchissantes (surtout par le temps qu’il fait cet été). Ensuite, une première entrée (présentée comme un vrai apéro maison), composée de pain d’excellente qualité, d’une salade du moment (c’est le marché qui fait sa loi), d’une terrine maison et de saucisson ardéchois vous est servie. Vient ensuite un saumon fumé façon gravelax et un shot de vodka polonaise (mais si, mais si), puis vous aurez le choix entre 5 viandes et 1 poisson (ici aussi le marché décide). Vient enfin le dessert, qui dépend de l’humeur du chef… Voilà ! C’est fort simple… Vous ajoutez à tout cela une demi bouteille de vin par personne et une demi d’eau, plate ou gazeuse. Je vous le dis, vous n’aurez pas faim en quittant la table et côté rapport qualité-quantité-prix… on peut difficilement faire mieux.

Les terrines sont faites dans la maison et c’est savoureux.

Ce soir, je suis accompagné de Christian. Lorsque nous voyons arriver Clara les bras chargés, nous nous demandons si tout cela est pour nous, dont un superbe saucisson ardéchois, pur porc comme je les aime, parfumé et délicieux. Si l’envie vous prend de le dévorer tout cru… à votre guise ! On ne vous le reprochera pas, tout comme si votre appétit vous fait engloutir la terrine qu’on pose devant vous et je vous promets qu’elle est pleine de saveurs, relevée et si fraîche, qu’elle tient parfaitement le coup malgré la chaleur qui règne sur la grande terrasse. Ici on est dans le sud, c’est généreux, on parle avec tout le monde (y compris « ceux » du resto d’à côté) et on sourit ! Le pain est croustillant à souhait et d’une belle tenue, tandis que la salade composée rafraîchit tout ça d’une agréable touche verte et rouge, le marché en a décidé ainsi.

Un saumon fumé bien accompagné…

Le saumon fumé est tout en goût et ne ressemble surtout pas à ce qu’on met sur les petits fours bon marché. Sa couleur est parfaitement unie et rose-orange, il est d’une fraîcheur irréprochable et accompagné d’un shot de vodka polonaise… C’est une petite touche de folie dont Nicolas semble aimer parsemer sa cuisine. Le poisson est accompagné de bâtonnets de carottes fraîches, de radis entiers croquants et d’une délicieuse sauce au yaourt et à l’ail… à tomber par terre, sans mentir.

Le choix entre cinq viandes et un poisson. Si avec ça, vous ne trouvez pas votre bonheur…

Christian a opté pour un classique Steak au poivre-crème, cuit pile-poil comme il l’avait demandé et il est difficile… Pour lui, la viande doit être entre « à point » et « bien cuite » et il arborait un sourire pleinement satisfait. Je ne l’ai pas goûtée car j’aime le bœuf bleu, mais j’ai quand même piqué un peu de sauce, crémeuse et bien relevée, qui n’avait pas tranché malgré la forte chaleur… Une belle et digne sauce au poivre-crème de chef quoi !

De mon côté, j’ai jeté mon dévolu sur les Cailles aux Olives et sauce vierge. Une délice ! Moi qui ne suis pas grand amateur de ces petits volatiles souvent servis bien trop cuits et secs, j’y suis allé avec des pieds de plomb et je l’ai avoué à Clara ensuite. J’étais donc ravi de lui dire que j’avais changé d’avis sur ces zoziaux-là… Primo, il y avait deux cailles de très belle taille dans ma cocote et secundo, c’était d’un moelleux ! À mon grand étonnement, j’ai dévoré à pleines dents, savouré la sauce où l’huile d’olive était reine et de toutes petites olives de Nice les princesses. Je ne regrette définitivement pas moins choix et j’irais bien refaire un tour à la Brouette pour tenter les cinq autres propositions…

Finir en douceurs une soirée de saveurs.

Pour finir ce dîner franchement généreux sur une touche de douceur, Christian a choisi une Crème Brûlée car il est un inconditionnel… et l’a dévorée en quelques cuillerées ! De mon côté, j’ai opté pour une Panna cotta au caramel beurre-salé… mais, rien qu’à entendre le mot « caramel », je suis capable de me pâmer ! Donc, impossible de résister et je fus enchanté. La couche de caramel, délicieusement et légèrement salé, était généreuse, la Panna cotta soyeuse et juste parsemée d’amandes effilées… J’ai tout simplement adoré la modestie et l’efficacité du dessert, autant que de tout le reste du repas d’ailleurs !

En résumé, si vous voulez rencontrer des sourires, voir du monde sur une vaste terrasse et manger (très) généreusement, en étant certain de la qualité à la fois des produits et du Chef… n’hésitez pas lors d’un passage à Cannes, à aller vous régaler à la Brouette de Grand’ Mère. Non seulement c’est délicieux, frais et généreux, mais en plus… on ne vous demandera pas de la pousser (la brouette) ! Par contre, vous pourrez la regarder car elle est bien là.


Notation : 3 Marcus
(1 = moyen – 2 = correct – 3 = Table de qualité – 4 = table de grande qualité – 5 = Table d’exception).

Site officiel : www.labrouettedegrandmere.fr

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La Table de Mus… précipitez-vous, car les places sont courues et son talent galope vers les étoiles !

Il y a des établissements qui sortent du lot par leur lieu, leur bâtiment particulièrement riche, un classicisme parfait, une déco extraordinaire ou encore une belle réputation. La Table de Mus ferait plutôt partie des trublions de la gastronomie et à Coming Chic, on adore ça ! Nous vous emmenons en quelques images et deux ou trois mots, dans l’univers (ou plutôt le concept, comme il aime à le rappeler) d’un jeune restaurateur un peu fou, très talentueux, innovateur et qui n’a pas peur de faire du hors piste. Cela donne une table ébouriffante et une soirée gourmande à tous points de vue, du plaisir de se retrouver dans le centre historique de Bruxelles jusqu’à celui de quitter la table repus et intérieurement heureux.

Cela ne s’appelle pas la Table de Mus pour rien… Mus est partout dès la première seconde, portant avec un bonheur manifeste et élégance son concept qui va jusqu’au gant noir, porté à la main droite par le personnel et lui, of course. Il est dynamique, galope de table en table, veille à tout du coin de l’œil et au début cela surprend. Quelques minutes après, on l’adopte définitivement, quand on constate qu’il va passer la soirée à tout rendre le plus parfait possible. Il faut accepter l’absence de carte, les produits qu’il a choisi pour la semaine et surtout… il faut lui faire confiance pour vous materner du premier au dernier service et c’est un régal de se laisser bercer, conseiller, guider, de l’assiette au vin qui l’accompagnera. Aux petites mises en bouche on se dit que c’est bien, mais on ne s’attend pas au feu d’artifice qui va suivre. Si j’avais, très modestement, un tout petit conseil à lui donner (et je l’ai fait de vive voix) ce serait de rendre ces bouchées aussi magiques que ce qui les suit. Mais attention, c’est là que le voyage commence et ça nous emmène très haut dans la galaxie des saveurs et accords inattendus !  Suivez-nous…

Des mises en bouche élégantes et simples.

Pour nous mettre en appétit, Mus nous sert d’abord un très pétillant Vouvray brut (Domaine Boutet Saulnier – Val de Loire). Il est frais, guilleret et se trouve vite rejoint par trois jolies bouchées. Il y a là un petit sablé au parmesan farci d’une mousse de fromage blanc et saumon fumé, une galette moelleuse à la purée de pois chiches, curry et huile de truffe. Nous avons aussi un velouté de pomme de terre à l’ail, accompagné d’un crumble d’oignons et de fines lamelles de saucisson fumé. C’est bon et raffiné, mais cela ne présage pas réellement des incroyables saveurs que nous découvrirons par la suite.

Une première entrée qui fait décoller illico notre fusée de goûts…

Et là… c’est le décollage pour des confins inconnus, dès la première entrée ! Ce n’est plus un secret pour vous, je suis dingo du canard et là, je vais me retrouver les jambes coupées et les papilles en extase. On vient de nous servir une secouant Carpaccio de Canard, crème raifort, chips de topinambour et fraîcheur d’herbes ! Comment vous dire… c’est explosif et ça nous renverse comme un crème. Je regarde Serge et au même moment nous prenons une première bouchée. Nous devions ressembler aux Dupont et Dupond, car si surpris que nous en sommes presque restés bouche bée ! C’est incroyablement fin et frais… on dirait que les herbes viennent d’être coupées au jardin et l’aérienne crème au raifort (subtilement cachée sous les fines tranches de viande crue et qui ne manque à aucune des bouchées) vient réveiller tout cela au cas, très peu probable, où une seule papille aurait eu l’indécence de s’assoupir. Les chips de topinambour sont un bonheur… ça croustille et on y retrouve ce délicat goût d’artichaut que j’apprécie tant. Cette entrée est réellement surprenante et, sans flagornerie aucune, c’est une extraordinaire combinaison de saveurs, que Mus accompagne d’un très intelligent Val de Loire, Les Caillasses 2015 de la maison Franck Breton.

Seconde entrée… second étage de la fusée, l’ascension continue !

C’est un excellent vin blanc italien (Terre di Chieti, de l’appellation Pecorino) qui vient le remplacer pour la seconde entrée et nous nous demandons si ça va monter encore plus haut dans les surprises… nous n’allons pas être déçus ! Pour revenir un instant à ce beau vin (qui a failli disparaître au siècle dernier), je lui trouve un nez très fruité avec un peu de miel et une attaque fraîche. Plus loin en bouche on retrouve une douceur qui va se marier parfaitement avec ce qu’il accompagne. Et c’est… un duo de Noix de Saint-Jacques rôties, chou blanc « choucroute », texture acidulée de chou rouge et sauce moutarde à l’ancienne. C’est hautement improbable et ça fonctionne à merveille ! Les Saint-Jacques sont impeccables, bien rôties, au cœur nacré et le plus surprenant est sans doute son lit de chou façon choucroute. En bouche c’est provocateur et perturbant, c’est bon dans l’instant, mais on doute quand même mentalement… dès qu’on laisse la parole au seul plaisir, il se manifeste activement et c’est un délice. On n’a donc qu’une envie : goûter à l’autre association (tout aussi improbable) et conserver un joli morceau de noix de Saint-Jacques, pour le déguster avec le chou rouge en texture… ça matche de la même manière surprenante et j’y retrouve même les saveurs du chou rouge dominical aux pommes de mon grand-père ! Une bouffée de nostalgie me monte au cœur et c’est tout simplement une entrée parfaite aux accents de plaisir très prononcés. La sauce moutarde à l’ancienne, corsée et généreuse en grains, apporte du pep’s et lie le tout avec subtilité mais caractère, tandis que cette seconde entrée est aussi graphique et élégante que la première.

Le plat principal nous projette en orbite.

Nous nous demandons vers quels univers va nous emmener le plat principal et nous aurons rapidement la réponse. C’est un Skrei (une des 356 manières élégantes de rebaptiser le cabillaud) en deux façons, crème de Vitelotte, salicorne et réduction au lait de coco et soja. Le dos du poisson, cuit doucement, est parfaitement réussi et se détache d’un simple regard, il fond littéralement en bouche. La chair se cache aussi dans une élégante pomme Dauphine, très réussie et savoureuse. La crème de Vitelotte est légère et douce, ce qui s’allie parfaitement à la réduction de coco et soja, c’est intelligent ! Quant à la salicorne, elle apporte la touche d’iode que j’apprécie tant chez elle et je n’en avais jamais vu de si fine. Une fois de plus, l’ensemble de la recette est d’un superbe équilibre et d’une modernité déroutante chez un créateur de goûts aussi jeune que Mus. Nous avons Serge et moi deux vins différents. Un très joli Beaujolais Primeur pour moi, à la robe presque rose et d’une jeunesse fort plaisante et rafraîchissante. La région de Fleurie produit souvent de très belles surprises… Le second est un Bourgogne blanc 2011 Château des Jacques, parfait.

Le dessert nous envoie définitivement en apesanteur !

C’est en apothéose que Mus nous présente son dessert, qui va marquer de manière explosive la fin de ce dîner. Il décide de le souligner par un Rosé Pétillant, un très sympathique Manganèse Méthode Aromatique, signé Richard Rottiers. Nous sommes à Bruxelles et à quelques décamètres du musée du chocolat… c’est donc agréable de retrouver dans notre assiette une parfaite sphère de ce trésor quasi culturel belge ! Mais le vrai bijou se cache à l’intérieur et un second va se couler voluptueusement et chaudement sur le chocolat noir… C’est un onctueux coulis de caramel laitier « Choco Mus » chaud et incroyablement parfumé, qui fait fondre une partie de la sphère. A l’intérieur, nous découvrons de la poire pochée à la vanille, légèrement ferme pour rappeler qu’elle est fraîche. Elle n’attend que nous sous une aérienne mousse de chocolat blanc. C’est tout simplement l’extase !

Nous avons quitté Mus et sa table conquis par le talent et la fougue de ce jeune dingue de cuisine et entrepreneur à la fois. Nous vous conseillons vivement d’aller passer une soirée chez lui et de vous laisser guider par ses inspirations, vous ne le regretterez pas ! Une première étoile nous semble clairement destinée à tomber sur sa table dans un délai fort proche. Maîtrise, créativité et audace… souvent ça paie ! Et à ce propos, notre dîner décoiffant revient à 63 € par personne (90 € vins compris) … le midi le lunch est très couru et nous savons désormais pourquoi. Une table à découvrir d’urgence, avant qu’il ne soit obligatoire de réserver un mois à l’avance, ce qui ne saurait tarder !

Notation : 5 Marcus
(1 = moyen – 2 = correct – 3 = Table de qualité – 4 = table de grande qualité – 5 = Table d’exception).

Site officiel : www.latabledemus.be

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Delta Gastronomy Awards : le guide belge a décerné ses récompenses 2018.

Il faisait vraiment très chaud il y a quelques jours, à l’occasion de la remise des récompenses du seul guide gastronomique 100% belge… Si les locaux du Prince d’Orange ont chauffé à cause du temps, la chaleur semblait aussi avoir trouvé place dans le cœur des invités. Parmi eux les lauréats évidemment, mais aussi de nombreux restaurateurs venus de tout le pays ainsi que du Grand-Duché du Luxembourg, puisque le guide les met à l’honneur chaque année. Le principe est simple : un Delta de bronze, un d’argent et un d’or pour Bruxelles, de même pour la Wallonie, les Flandres et le Grand-Duché. Cette année, c’est sa 41ème édition et ce qui le différencie le plus du Michelin ou du Gault et Millau, est qu’il cherche bien plus les découvertes que les prestigieuses confirmations. Ses inspecteurs sillonnent le pays pour y trouver des pépites, des tables nouvelles, des chefs innovants… pas seulement des grands maîtres-queux ou des maisons qu’on retrouve régulièrement dans les médias. C’est sans doute là sa plus belle qualité. Et puis, du côté de Clic Infos, nous sommes heureux car le Delta d’Or 2018 pour Bruxelles a été attribué à la superbe Table de Mus. Non seulement nous apprécions beaucoup Mustapha, mais aussi le grand talent de son chef Khaled Bouhamidi. Nous y sommes retournés il y a quelques jours et vous découvrirez cet article très vite. Un Delta d’Or particulièrement mérité donc, à côté duquel le guide n’est heureusement pas passé, mais c’eut été étonnant. Place au palmarès complet !

Le Palmarès 2018 :

Bruxelles et sa grande périphérie :

Delta d’or : Mustapha Duran, pour la Table de Mus (Bruxelles)

www.latabledemus.be

Argent : Yoth Ondara, pour le Crab Club (Saint-Gilles)

Bronze : Jean-Michel Verzele, pour le Resto Cinq (Anderlecht)

Wallonie :

Delta d’Or : Manoé Graftiaux, pour Au Tour du Vin (Éghezée)

www.autourduvin.be

Argent : Stéphane Grulois, pour Maxens (Saint-Symphorien)

Bronze : Nicolas Calcagnini et Philippe Kettenhoven, pour Noir du Poivre & Rouge du Poivre (Waremme et Sclessin)

Flandres :

Delta d’Or : Thijs Vervloet, pour Colette (Westerlo)

www.restaurantcolette.be

Argent : Karl Have, pour dEssensi (‘s Gravenwezel)

Bronze : Patrick Noël, pour Marquize (Westende)

Grand-Duché de Luxembourg :

Delta d’Or : Fabrice Salvador, pour la Cristallerie (Luxembourg)

www.facebook.com/LaCristallerie

Argent : Thomas Murer, pour Aal Shoul (Hobscheid)

Bronze : Quentin Debailleux, pour Péitry (Roodt-sur-Syre)

Palmarès par spécialités (mentions) par ordre alphabétique :

Baan Chan – cuisine thaïlandaise

Beaucoup Fish – cuisine de la mer

Humus & Hortense – cuisine de légumes

Maru – cuisine coréenne

Mi Tango – cuisine argentine

Racines – cuisine italienne

Sanzaru – cuisine Nikkei

L’ambiance était chaleureuse et amicale parmi les nombreux restaurateurs et professionnels présents à la cérémonie. Nous avons été agréablement surpris de ne pas ressentir d’animosité comme on peut la noter dans beaucoup de milieux professionnels, que du contraire. On sentait la bonne humeur, le plaisir de se retrouver pour beaucoup et une réelle joie à l’annonce de certains résultats. À l’applaudimètre, ce sont très clairement deux Deltas d’Or qui ont déclenché le plus de bruit : Mustapha Duran, la Table de Mus (Bruxelles – photo 01) et Manoé Graftiaux, Autour du Vin (Éghezée – photo 02). À chaque fois qu’un des gagnants montait sur scène pour recevoir son prix, il était porté par une généreuse vague d’encouragements et de cris, plus amicaux que les sifflets au foot…

On ressentait aussi toute la satisfaction de la petite équipe du Guide Delta, enfin arrivée à l’apogée de cette 41ème année, sans encombre et dans la bonne humeur malgré une chaleur étouffante. Il faut sans cesse se remettre en question, s’interroger sur les évolutions envisageables en fonction de celles de la vie et de la gastronomie…  Le site Internet du Delta vient d’être profondément retravaillé et la réussite graphique et technique est bien au rendez-vous, c’est important de le noter. Les recherches y sont faciles, mais vous y trouverez également des hôtels et quelques avantages. N’hésitez donc pas à aller y faire un petit tour avant de faire votre choix de restaurant (même si nous vous conseillons de parcourir aussi les tables que nous vous présentons sur Clic Infos, évidemment). Ah oui… J’allais oublier : si vous repérez une petite erreur sur le site, n’hésitez pas à contacter le responsable. Il est particulièrement réactif et fera vérification et correction à la vitesse de l’éclair. C’est une réelle marque de respect pour les restaurateurs et il n’en va pas toujours de même dans les « grands » guides… C’est sans doute ça un véritable état d’esprit ! Nous avons d’ailleurs retrouvé la bonne humeur et la complicité de l’équipe du Guide Delta, au cours d’un fort agréable dîner en petit comité, après la cérémonie et au jardin, une bénédiction ! Petit pays oui… mais, pour mieux le découvrir au travers de ses tables… n’hésitez et suivez le guide !

Site : www.deltaweb.be

Prix public du guide Grand Bruxelles ± 28 € et du guide National ± 30 €.

Vous les trouverez en librairies, dans les FNAC, chez Club et Carrefour

Par le site officiel, vous pouvez obtenir une remise en commandant en ligne.

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Pottok, Pottok… qui est là ? C’est l’bonheur !

Pour quoi faire ? Pour manger… Avec qui ? Alexandre et Betsy ! Bon, je vous le concède, c’est une intro un peu fantaisiste, mais passer une soirée au Pottok Restaurant c’est être assuré d’en ressortir non seulement après avoir vraiment bien mangé, mais aussi s’être amusé, avoir été touché et conquis par les lieux autant que par leurs propriétaires. Alexandre et Betsy Pottok sont un couple et on le ressent profondément dans la maison, dans l’agencement réalisé en famille (un beau-frère menuisier a même réalisé les belles boiseries du bar et de l’un ou l’autre mur). Dans leur complicité très complémentaire, dans la salle autant que dans la cuisine, à table, à travers la carte des vins… ils conçoivent tout à deux et c’est un des piliers de l’identité du Pottok. Un vent de fraîcheur souffle réellement sur la rue du Bailli (Ixelles) et c’est très rafraîchissant, dans un quartier qui s’était un peu perdu… Il semble qu’il ait envie de revivre et le Pottok Restaurant apporte la petite touche d’élégance et de convivialité qu’on attend d’une rue qui vit pleinement.

Lorsqu’un couple travaille ensemble, on lui pose toujours la question : « ce n’est pas trop difficile » ? Autant Betsy qu’Alexandre, n’ont pas besoin de répondre car leur sourire instantané exprime mieux que des mots ce qu’ils ressentent. Ils sont jeunes trentenaires, entrepreneurs enthousiastes, positifs, ils ont confiance en l’avenir… c’est tout ce dont une capitale internationale comme Bruxelles a besoin pour rester dynamique, créative et afin de constamment assurer son évolution. De plus, la ville est très riche en matière de gastronomie… il est donc agréable de voir s’ouvrir de nouvelles enseignes qui tentent de sortir des sentiers battus, de ne pas reproduire ce qui est déjà trop vu et d’apporter du sang neuf. Quand c’est un couple où la mixité règne (on peut même dire la diversité, en l’occurrence) qui ouvre une nouvelle maison, cela assure une cuisine à l’esprit « fusion », mot qui correspond parfaitement aux propriétaires du Pottok ! Ici, vous avez un peu la sensation d’être chez vous… mais en mieux. La cuisine d’Alexandre est raffinée, moderne et sur des bases classiques, il arrive à changer la musique. Le service de Betsy est impeccable. On la voit parfois filer vers les cuisines, juste histoire de vérifier que son homme va bien et le Chef lui, glisse le bout du nez plusieurs fois en salle dans la soirée. Il aime venir à la chasse aux infos… en fait, savoir tout simplement si vous vous sentez bien, si vous appréciez le moment et l’assiette. L’un comme l’autre affichent un sourire lumineux et on sent que rien n’est feint : la gentillesse, le plaisir d’accueillir, les milles et unes petites attentions dont ils vous comblent en toute discrétion, la joie qu’on lit sur leurs visages lorsqu’on lâche un « waow » ému après avoir goûté un création d’Alex, leur satisfaction lorsqu’on fait un compliment sur la décoration chaleureuse et élégante… En conclusion, ils sont pleinement heureux d’être là et de vous servir ! C’est sans doute ce qui assurera le succès de cette tout jeune maison, ouverte depuis moins de deux mois et qui commence à se remplir d’une clientèle assez jeune, variée et cosmopolite. Il faudra rapidement penser à réserver… Il faisait fort chaud le soir où nous sommes allés découvrir le Pottok Restaurant, mais nous avons décidé de bouder la petite terrasse par crainte (non fondée, en tout cas en soirée) des bruits de circulation et des gaz d’échappements. Corinne et moi avions donc réellement envie de fraîcheur. Accueillis par le sourire de Betsy, nous somme placés juste à la fenêtre et cela nous donne tout loisirs de voir la vie dans la rue du Bailli, c’est agréable. Alexandre vient se présenter et il nous est apparu évident que ces deux-là étaient en totale connexion et pour cause…

Aux entrées… v’là l’printemps, y a d’la fraîcheur dans l’air !

Face à la gentillesse et au sourire du jeune chef, nous décidons de nous laisser embarquer dans le voyage gustatif qu’il a prévu pour nous faire découvrir sa carte. Elle n’est pas longue comme un roman, on va à l’essentiel ! Après l’élégant amuse-bouche (qu’Alexandre change presque chaque jour) nous attaquons les entrées. Il y en a quatre proposées et ce n’est pas l’attirant Tartare de saumon Label Rouge, avocat et Granny Smith (12,00 €) ni le bien séduisant Carpaccio de melon et chiffonnade de Pata Negra Iberico de Cebo (maturée 36 mois) à 14,00 €, qu’Alexandre a choisi de nous faire déguster… Pour Corinne ce sera en effet la Burratina et déclinaison de tomate, cœur d’artichauts et coriandre (10,00 €). Une assiette colorée et ensoleillée, qui inspire le sud. La Burratina est une petite sœur de la mozzarella. De petite taille, elle est originaire des Pouilles (Italie). C’est un mets assez rare, constitué d’une pâte filée en forme de petite poche et qui contient un cœur très onctueux et à la saveur lactée. Elle trône fièrement sur une couche de gelée de tomate d’une fraîcheur et d’une légèreté incroyables ! Quelques herbes et demi mini tomates vertes, le tour est joué. Ça claque en bouche comme une petit coup de vent frais, la gelée fond sur la langue et la douceur lactée ainsi que les herbes, font de chaque bouchée une mini explosion parfumée. Une tomate-mozza revisitée et joliment rajeunie quoi !

Pour moi, Alex a prévu sans le savoir une entrée qui va me ravir et m’épater aussi, par sa simplicité et ses saveurs subtiles : le Tataki de filet pur de bœuf argentin mariné et asperges vertes (13,00 €)… exceptionnellement, la bébête est uruguayenne (le cuisinier l’utilise régulièrement quand son approvisionnement argentin n’a pu être assuré), mais on n’y perd vraiment rien au change. Cela semble d’un basique pétrifiant, mais tout le talent du chef est dans la marinade ! Nous n’en connaîtrons pas le secret, mais elle a accompli sa mission astringente et donne à cette superbe viande rouge et fondante comme du beurre frais, un caractère savoureux, corsé et en même temps extrêmement doux. L’asperge verte, encore croquante, amène la pointe d’amertume équilibrant parfaitement cette assiette, très fraîche. Je me rends compte après deux bouchées, que ce superbe bœuf peut facilement devenir addictif… comme lorsqu’on goûte une simple viande maturée pour la toute première fois. On ressent l’irrésistible envie d’y revenir.

Des plats pour les carnivores autant que pour les végétariens.

En plats, Alexandre a décidé de nous emmener Corinne et moi sur deux chemins opposés. Pour accompagner ce dîner, Betsy nous aura fait goûter les vins maison, qui sont loin des piquettes souvent cachées derrière cette appellation. Ici, vous pouvez suivre les avis de la maîtresse des lieux, qui marie parfaitement chaque mets sortant de la cuisine de son époux avec le vin qui lui conviendra le mieux. Si vous ne voulez pas commander une bouteille entière (elles oscillent entre 25 et 45,00 € en moyenne), vous compterez au verre 5 à 6 €. Si vous ne buvez rien d’alcoolisé, vous porterez sans doute votre choix vers la limonade, l’orangeade ou encore l’ice tea, tous trois faits dans la maison. Ils sont pleins de saveurs, très rafraîchissants et ce n’est pas courant. Mais, revenons l’assiette : pour Corinne, ce seront donc les Tagliatelles fraîches, crème et asperges entières, pleurotes, noisettes torréfiées et parmesan (15 €), le choix idéal pour les végétariens… Si vous avez des réserves ou allergies, il suffit d’en faire part à Betsy, qui en tiendra compte pour vous éviter le moindre désagrément. Les pâtes sont fraîches bien sûr et la cuisson est al dente, la crème discrète mais bien présente vient velouter le tout. Mais le caractère qui se révèle dans cette assiette vient principalement des pleurotes savoureuses, du parmesan qui n’est pas trop piquant et des jolies asperges entières… Tout cela est équilibré et les goûts sont francs. On n’a pas besoin de se casser la tête pour comprendre le plat, il est parfaitement lisible. Je ne me suis pas privé de piocher dans l’assiette de mon amie d’enfance. Elle me le rendra bien… La petite « touche Pottok » est selon moi l’excellente idée de parsemer l’ensemble d’éclats de noisettes torréfiées très justement par Alex. Ils apportent le croquant qu’on attend dans un plat généreux et ça complète bien les sensations de bouche. La torréfaction n’est pas trop puissante, ce qui aurait gâché la recette. Elle est néanmoins présente et apporte une dernière touche savoureuse à ce beau plat. De plus, il dégage de très agréables effluves. Une belle réussite !

Pour moi, Alexandre a décidé de faire à son plat signature et croyez-moi, Corinne l’a autant apprécié que moi. Je ne suis pas grand amateur de viande de porc ni de moutarde traditionnelle… et patatra, voilà que le jeune chef me présente le Filet pur de porc mariné, jus réduit au sirop d’érable et moutarde à l’ancienne, accompagné d’une salade tiède de pommes de terre (20,00 €) ! Je lui fais part de ma petite réserve et il se contente de… sourire, genre : on verra bien quand tu auras goûté. Et j’ai vu dès la première bouchée ! La viande est fondante à souhait, pas du tout sèche comme souvent les morceaux de porc trop cuits et ça me rassure instantanément. Dans une petite saucière, le jus réduit est devenu une sauce où le sirop d’érable montre clairement son identité (ça me rappelle de délicieux souvenirs de cabanes à sucre, dans la région de Montréal) et les grains de moutarde à l’ancienne titillent les papilles presqu’avec humour. Le mélange est étonnant, aigre-doux et parfumé. Sur les pommes de terre en effet tièdes, la moutarde reprend son rôle d’origine avec autorité, mais aucune agressivité au palais, tandis que les haricots verts et ce que je soupçonne être des épluchures de carotte (à cause de leur discrète sucrosité) plongées quelques secondes dans une friteuse, accompagnent cette musique gustative avec douceur. Les portions sont très généreuses et cela a permis à Corinne de largement goûter aux subtiles et franches saveurs de cet excellent plat ! Me voilà donc réconcilié avec le porc pour le moment… et je ne suis pas au bout de mes surprises. À la carte il y a sept plats proposés, dont un beau Pottok Burger à 16,00 € (viande de bœuf, cheddar, coriandre, œuf au plat, tomate, cornichon, ketchup au pili-pili) ou encore un intriguant Onglet à l’échalote déstructuré à 19,00 € qui est déjà mon choix pour la prochaine fois !

Fromages et senteurs épicées pour finir…

Corinne a choisi une surprenante Crème brûlée aux cinq épices (7,50 €), exotique et classique à la fois, généreuse et bourrée de saveurs voire même de souvenirs des marchés aux épices d’Asie ou d’Afrique du nord. Mais j’ai plutôt choisi de vous montrer combien un simple plateau de fromages, s’ils sont de haute qualité et bien choisis, peut avantageusement remplacer un dessert. Et puis, toutes les maisons ne se fournissent pas chez Julien Hazard dont Alexandre propose ici une très jolie sélection de cinq produits (9,50 €) ! Cela vaut donc la peine de rendre hommage au plus doué des fromagers bruxellois qui, non seulement se fournit en produits au lait cru artisanaux ou fermiers directement au marché de Rungis, mais qui surtout les affine lui-même dans ses propres caves ! Allez jeter un œil sur son site www.julienhazard.be… Vous en aurez l’eau à la bouche et j’espère bientôt vous le présenter beaucoup mieux. En tout cas pour moi, voilà une belle manière de clôturer un dîner tout en saveur, modernité et simplicité. Alexandre Pottok a ce talent inné de pouvoir se baser sur de solides piliers et d’être capable en même temps d’apporter à sa cuisine une bonne claque… un regard neuf !

Pour conclure, je dois ajouter quelques petites infos et vous en saurez presque autant que moi sur cette belle découverte… sauf que vous devrez encore y aller, ce que je vous conseille vivement, si vous désirez faire la connaissance d’une très jolie maison et d’un jeune chef qui sait où il va, prêt à vous y emmener au fil du temps (car je suis certain que le succès sera au rendez-vous) ! J’ai craqué sur une superbe jupe vietnamienne qui a été étendue sur cadre, œuvre tout droit sortie de l’esprit inventif de la jolie et souriante Betsy… La salle est climatisée, vous ne trouvez ici que des produits frais et réalisés par Alexandre (à l’exception d’un petit toast à l’amuse-bouche, mais je suis sûr que cette mini entorse au pain maison est déjà réparée). Le restaurant sera ouvert durant tout l’été et je ne saurais trop vous inviter à en profiter pour découvrir le couple de restaurateurs le plus cool d’Ixelles. Ah oui… dernier détail, pour être fidèle à mes habitudes : l’Irish Coffee est top !

Vous savez que de temps à autre, je demande l’avis de « la table d’à côté »… Voici donc les (deux fois) 3 mots des jeunes convives sympas de la table en terrasse et correspondant parfaitement à la convivialité de l’endroit : délicieux, délicat et surprenant pour Emily et Tanguy… Étonnant, savoureux et fin, pour Julia et Léo. Merci à eux pour leur sourires et leur grande disponibilité… vous rencontrer était vraiment agréable !

Notation : 4 Marcus
(1 = moyen – 2 = correct – 3 = Table de qualité – 4 = table de grande qualité – 5 = Table d’exception).

Site officiel : www.pottok.be

Malheureusement, depuis notre passage le Pottok a fermé ses portes…

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I Trulli… de l’or en bar, à l’italienne !

Je ne tente même plus de compter les restaurants italiens de Bruxelles car ce serait quasi mission impossible ! D’abord parce qu’ils y sont pléthore, ensuite car ils ouvrent et ferment aussi vite et bruyamment que les portes claquent dans un vaudeville. Il y a à boire et à manger en la matière et c’est le cas de le dire. On trouve des tables sympas et correctes, qu’on fréquente dans notre quartier et qu’on retrouve avec plaisir. Il y a celles qu’on ne connaît pas et où on entre par hasard pour en sortir une heure plus tard, totalement écœuré de ce qu’on y a « mangé ». Il y a aussi celles où tout est congelé et puis les autres, où dans la cuisine une vraie Mama respecte les traditions et régale ses clients. Bref, comme en pour bien d’autres cuisines du monde (asiatique, grecque, maghrébine…) il y a du très bon et du nettement moins agréable. Mais il y a un créneau sur lequel on trouve peu de tables italiennes : le restaurant de qualité certes, mais surtout élégant. Pas de cinéma, de pâte à pizza qui tourne en l’air ni de patron « Casanova », frisant parfois la comedia dell’arte… Non, dans ces maisons tout est simple, élégant, raffiné et authentique. Elles sont rares et donc précieuses… Nous avons découvert I Trulli.

Pierino a ouvert sa maison il y a 33 ans et son sourire ne s’efface pas.

Pierino est connu à Saint-Gilles comme le veux loup depuis plus de trente ans et son amour pour sa belle région des Pouilles se retrouve dans l’assiette généreuse et élégante qu’il propose. Les recettes traditionnelles de ce joli petit coin d’Italie sont parfois modernisées, mais toujours fidèles aux saveurs d’antan. Les produits sont frais et de saison, les charcuteries et fromages viennent tout droit d’Italie et les pâtes sont fraîches. La carte suit toujours les saisons et Pierino n’aime rien plus que de prendre plaisir à vous servir lui-même. En même temps que lui, c’est tout le soleil des Pouilles qui arrive à votre table ! Dans quelques mois (sans doute en septembre) il installera aussi un véritable bar à vins au cœur-même de son restaurant et vous pourrez y déguster de nombreux nectars. Mais ça, nous aurons l’occasion d’en reparler. En tout cas, si vous avez comme nous de la chance avec la météo, déjeuner sur la terrasse est un bonheur. La rue Jourdan ressemble à un petit bout de Montmartre et quand le soleil est aussi de la partie, on a presque l’impression d’être au cœur d’un petit village des Pouilles !

Des entrées simples, généreuses et aux saveurs authentiques.

Je suis un grand amateur d’asperges devant l’éternel et quand il y en a à la carte, je ne peux y résister ! Parfois, c’est une grosse déception : aucune saveur, trop ou pas assez cuites, mal épluchées… Ici, elles sont de Malines et donc parfaites, mais surtout cuites exactement comme il faut. Les Asperges Blanches à la Veneta (23 €) sont une recette de Vérone et elles sont très proches de la bonne vieille recette « à la flamande » que les belges apprécient tellement. Une huile d’olive savoureuse et très fruitée remplace généreusement le beurre fondu traditionnel de nos grand-mères et l’œuf dur (pas trop cuit et moelleux) est émietté pour venir se répandre sur ce légume originaire de la méditerranée (ce qu’on ignore souvent). Tout ça sent délicieusement bon et l’huile d’olive fait chanter l’assiette.

Sous le franc soleil printanier qui nous accompagnait ce jour-là, Murielle a choisi de la fraîcheur et la mer, en jetant son dévolu sur les Six Huitres Creuses de Gillardeau de Marennes d’Oléron (28 €). J’en ai goûté une, parce que je suis très voleur quand on mange en face de moi des huîtres et mon amie n’a pas échappé à ma cleptomanie gastronomique ! Les mollusques marins de cette maison plus que centenaire sont très réputés et leur qualité est irréprochable. C’est iodé, ça a du caractère et on est loin des huîtres sans saveur ni parfum qu’on rencontre malheureusement parfois. Elles sont si savoureuses que je n’ai aucune envie d’y ajouter la moindre goutte de jus de citron et je me contente donc d’un petit tour de moulin à poivre… noir, of course. Pas de poivre en poudre, ce serait un crime de lèse-majesté !

Un plat unique pour deux car c’est le meilleur que vous trouverez à Bruxelles.

Je suis un fou de poissons, mais vous ne l’ignorez plus depuis un an et quelque, et lorsque j’ai vu sur la carte un Bar entier en Croûte de Sel (78 € pour deux personnes)… j’ai fait mes meilleurs yeux de merlan frit, super efficaces lorsque je dois supplier quelqu’un. Ni une ni deux, Pierino semblait ravi de ce choix. Normal, c’est ce qu’il considère comme le plat « signature » de sa maison et je comprends rapidement pourquoi. Il n’est pas peu fier en nous présentant la bébête et je sais instantanément que nous allons lui faire un sort, sans aucun remord ! Le bar est superbe et en véritable pape de la mer, le voilà tout habillé de blanc, dans une généreuse croûte de sel et j’ai hâte de le voir revenir sur mon assiette… Je ne suis franchement pas déçu et c’est d’une simplicité qui confine à la modestie absolue. Pourtant, côté saveurs on dirait que le poisson est en fête et il nous fait un véritable carnaval sur les papilles. La chair est tendre et ferme à la fois, ça a du goût et c’est fondant… pour parure, il n’a enfilé qu’un joli manteau d’huile d’olive très parfumée, de basilic frais et quelques mini tomates des Pouilles lui servent de boutons. En tout cas l’opéra gustatif est à la hauteur du costume de ce noble bar, pêché dans l’atlantique français. Une jolie petite pomme dauphine dorée l’accompagne, croustillante dans sa pâte à choux impeccable et très fine. Le poisson est rosé à la raie, je frétille de bonheur car je suis en train de déguster le meilleur bar en croute de sel de ma petite vie, rien moins que ça et je jure que ce n’est pas de la flagornerie. Bravo Pierino… voilà un incontournable !

Un dessert explosif de saveurs…

Ce délicieux déjeuner au soleil bruxellois ne pouvait que se finir en douceur… et ce fut le cas grâce à un dessert plein de parfums et de saveurs du sud. Nous avons dégusté une superbe assiette où se mariaient à la perfection des figues pochées dans le vin rouge, une purée de bananes et des amandes rôties… au milieu de laquelle semblait se pâmer une savoureuse boule de glace artisanale à la vanille. Le petit biscuit maison apportait à l’ensemble le croustillant qu’on attend d’un dessert, pour qu’il clôture le repas sur une jolie musique craquante. Ce délice sucré à XX € (qui ne tombait pas dans l’excès douçâtre) a précédé un espresso aussi parfait que je l’attendais dans cette belle maison italienne.

Pierino et son élégant restaurant, reflétant fidèlement la générosité et le soleil des Pouilles, sont des incontournables si vous cherchez une table italienne fière de ses racines et généreuse. La qualité des produits, la gentillesse du personnel et le sens inné de l’accueil du propriétaire, ne pourront que vous enchanter. Nous y retournerons à la rentrée pour vous présenter le futur bar à vins… et cette fois pour y dîner, afin de vous montrer à quoi l’endroit ressemble en habits de soirée.

Notation : 4 Marcus
(1 = moyen – 2 = correct – 3 = Table de qualité – 4 = table de grande qualité – 5 = Table d’exception).

Site officiel : www.itrulli.be

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