La Bécasse… une (bonne) brasserie historique du cimetière d’Ixelles.

Tout bruxellois(e) qui se respecte connaît le quartier du cimetière d’Ixelles. Pour moi il est plein de souvenirs, puisque j’y ai travaillé durant mes études. Alors en fac de droit à l’ULB (Université Libre de Bruxelles) toute proche, j’étais commis quatre soirs par semaine au restaurant le Campus, connu de tous pour son bolo et sa fondue bourguignonne… Mais hier soir, j’ai pris une grosse griffe dans l’écran de mes souvenirs estudiantins, puisque la légende n’existe plus et qu’elle a été remplacée par un bar appelé le Seven. Avec Marianne, une de mes rares amies d’enfance (dont j’étais fou amoureux à dix ans) et son ami Roland, nous avons ri de ces souvenirs un peu malmenés, tout en marchant vers la Bécasse. À l’époque déjà, la brasserie était blottie au coin de la petite place qui donne sur le cimetière. Le quartier est toujours aussi vivant, plein de jeunes qui parlent toutes les langues, de bars, de bistros, de restos… C’est l’apanage des quartiers universitaires et la Bécasse y est une tradition, tout comme sa terrasse chauffée.

Quand on dit « brasserie » à Bruxelles, on sait qu’on va trouver du bois, avec un peu de chance quelques éléments de déco des années trente si elle est ancienne, un personnel gouailleur et souriant, pressé mais attentif… On s’attend à une cuisine simple et roborative, à une ambiance chaleureuse et surtout à passer un bon moment. C’est exactement comme ça que s’est déroulée la soirée d’hier, en compagnie de Marianne et Roland. Aucune mauvaise surprise, un dîner agréable et copieux, servi avec beaucoup de gentillesse par notre serveur Saïd. Pas mal d’humour et un don de télépathie connectée au client… nous avons bien ri quand il a prononcé le mot « Sancerre » exactement à l’instant où je le pensais… C’est ce genre de petits détails qui font aussi une bonne soirée.

Des entrées classiques de brasserie… copieuses et savoureuses.

Les Scampis à la Diable se retrouvent à la carte de très nombreux restaurants et brasseries en Belgique. Marianne, qui apprécie les plats épicés, n’a pu résister et a donc jeté son dévolu sur cette entrée un peu piquante (14 €). Une quantité très raisonnable de crustacés, alors que c’est souvent plutôt chiche, une sauce bien crémée et lisse, montée maison et pas avec un fond de sauce industriel… voilà qui augure d’un dîner de brasserie de qualité. La recette est relevée, mais pas au point d’arracher la bouche et c’est tant mieux car ça peut gâcher tout un repas. Les scampis frais sont cuits exactement comme il le faut et légèrement fermes sous la dent. C’est exactement ce qu’on attendait de la Bécasse, pour bien entamer la soirée !Ah oui, pour accompagner les entrées, nous avons porté notre choix sur un excellent Sancerre J.P Ricard (35 €), qui a passé tout le dîner dans un seau à glace sans qu’on ne doive le demander, un bon point de plus pour Saïd. De mon côté, ayant franchement envie de poisson, j’ai porté mon choix sur le Saumon Fumé extra doux (14 €). J’avoue que j’aime vraiment ça, mais il doit être de qualité. Comme avec les scampis, pas de déception. Le poisson est bien tranché (pas trop épais ni trop fin), maigre mais moelleux et au fumage prononcé sans être trop fort. Comme toujours j’ai renoncé aux toasts, qui avaient pourtant une mine bien sympathique. J’ai préféré un morceau de baguette fraîche, plus agréable à mon palais. La quantité était copieuse et j’ai été agréablement surpris par le mariage avec les oignons rouges hachés, qui apportaient une légère touche sucrée à l’ensemble, compensée par le jus du citron frais. Ça m’a parfaitement convenu…

Des côtes d’agneau plus que généreuses et une belle daurade entière.

Pour la suite, nous avons sélectionné un Pinot Noir Giertsberger (29,50 €), servi bien frais. Marianne a voulu déguster les Côtes d’Agneau façon vert pré… et elle n’a pas été déçue, c’est le moins qu’on puisse dire. Il faut bien reconnaître que nous n’avions jamais vu des côtes d’agneau de cette taille… au point que j’ai cru un instant qu’on avait servi à mon amie d’enfance du mouton. Mais que nenni ! Elles étaient charnues et parfumées, la viande délicate et tendre, tandis que la cuisson correspondait tout-à-fait à ce que nous avions demandé… rosée. Pour une veille de Pâques, c’était parfait. Notre seul petit regret fut sans doute de voir que la garniture de légumes était identique à celle qui accompagnerait aussi mon poisson, mais c’est un bien petit bémol au final. Quant au gratin dauphinois, il s’est avéré délicieux (et généreux) et Marianne l’a même trouvé meilleur que le sien… un joli compliment car elle cuisine très bien. C’était moelleux et velouté, aillé mais pas trop et ce plat était digne d’une maison ancienne et réputée.

Comme je le disais plus haut, j’avais vraiment envie de rester sur des saveurs de mer. J’ai donc choisi de poursuivre le dîner avec une belle Daurade Royale grillée au four, accompagnée d’une bouquetière de légumes (22,50 €). J’avoue que c’est une cuisson qui provoque toujours chez moi une certaine inquiétude. Mais, elle permet aussi de se rendre compte de la délicatesse du chef, car si elle reste au four quelques minutes de trop, c’est trop cuit et sec… et si le poisson manque de cuisson, la chair est crue et on n’a pas demandé des sushis. Mais en la voyant, mes inquiétudes se sont envolées. Bon… je vous l’accorde, un poisson entier n’est pas ce qui donne la plus jolie des photos, mais quand on aime le poisson on préfère cette version à des filets, dont on ne sait pas toujours exactement d’où ils viennent. C’était frais et cuit exactement comme je l’aime, préservant une chair tendre et légèrement nacrée, malgré la cuisson au four. Cela donne une petite saveur grillée fort agréable et j’ai découvert une manière intéressante de citronner la daurade. Des incisions étaient pratiquées dans les filets et de fines tranches de citron y étaient glissées, laissant celui-ci parfumer l’ensemble avec discrétion. Côté légumes : des courgettes, mange-tout, haricots verts, des champignons de Paris et une petite tomate grillée… le tout généreusement servi, cuit exactement comme je l’apprécie (pas trop) et servi avec des pommes de terre vapeur. À nouveau une bonne cuisine de brasserie, savoureuse, efficace et copieuse.

Malgré la générosité du dîner, on a craqué pour un dessert…

Marianne a porté son choix sur un Tiramisu (6,70 €). Si elle n’a pas été vraiment déçue, elle a trouvé l’ensemble de l’appareil un peu trop « mouillé » à son goût. Par contre, les saveurs étaient équilibrées et l’ensemble tenait tout de même fort bien la route. Contrairement au gratin dauphinois, elle juge pour le coup que son dessert est meilleur que celui de la Bécasse. Mais elle a apprécié cette petite douceur, pour clore son dîner.  

En grand amateur de chocolat et alors que nous nous apprêtions à fêter Pâques, j’ai choisi la Mousse au chocolat (6,00 €). Si elle n’était pas trop corsée, ce qui plait à beaucoup, elle était particulièrement légère et c’est une qualité. Je m’en voudrais d’oublier de souligner que la crème Chantilly était parfaite, ferme et délicatement sucrée… un délice. Une fois de plus, la quantité était franchement généreuse et nous aurions pu déguster ce dessert à deux. Mais, il mettait pour moi aussi une touche finale de douceur à un repas généreux et de qualité.

Pour conclure, nous avons passé une très agréable soirée, dans une ambiance de brasserie que j’apprécie et qui est particulièrement propice aux longues soirées entre amis. On n’y attend pas de la haute gastronomie, mais bien une cuisine de qualité, basée sur des produits majoritairement frais et avec une « touche de cuisinier ». C’est exactement ce que nous avons trouvé à la Bécasse, en plus du plaisir de retrouver un quartier joyeux et vivant, surtout par un soir de printemps. Je souligne à nouveau le service très attentif et sympathique de notre serveur Saïd, secondé gentiment par son collègue Raffaele. Il m’a servi un Irish Coffee très bien réalisé et vous savez combien j’aime cette touche finale quand elle est bien faite. J’ai aussi pu m’entretenir un peu avec le directeur de salle, que le personnel appelle avec respect « Monsieur Laurent » et qu’on sent vraiment heureux de diriger cet établissement ancien, fidèle à l’image de chaleur et de convivialité des bonnes brasseries bruxelloises.

Notation : 3 Marcus
(1 = moyen – 2 = correct – 3 = Table de qualité – 4 = table de grande qualité – 5 = Table d’exception).

Site officiel : www.la-becasse.com

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Le Richmond : une bulle de douceur en bord de Meuse.

Isabelle Verjans dirige avec beaucoup de charme et de sourire le Richmond, en bord de Meuse dans le namurois. Cette très belle région, un peu trop souvent oubliée des guides touristiques, mérite largement qu’on s’y arrête pour se reposer un peu, découvrir une vallée magnifique, des forêts, des falaises… se promener au bord du fleuve tranquille et serein, admirer les vols de canards ou encore y manger. Non, non… on n’est pas ici au bout du monde, mais bien à moins d’une heure de route de Bruxelles en voiture ! Et comme nous vous avons présenté longuement son époux Gaëtan hier, place cette fois à Isabelle et à sa maison superbe, confortable, de bon goût et richement décorée.

Nous nous sommes donc arrêtés en bord de Meuse, dans la région de Namur et à la jolie maison d’hôtes le Richmond. Nous vous la présentons succinctement dans ce petit montage vidéo… et ensuite nous en dirons davantage, si vous voulez mieux la découvrir.

Bon, allez… on vous offre quand même une jolie photo du couple car le bonheur n’a pas de prix, même quand il n’est pas à nous. En tout cas le leur est dans ce sourire, depuis qu’ils se sont posés sereinement au bord du fleuve, dans une superbe bâtisse en pierres du pays. Ce manoir a longtemps appartenu à la famille de Paul-Henri Spaak, natif de Schaerbeek comme moi (satisfaction ridicule, je sais), qui fut plusieurs fois ministre de Belgique entre 1936 & 1964 et même le premier d’entre eux, de 1947 à 49. Il est surtout considéré comme l’un des pères de l’Europe. Voilà donc pour le côté historique de la maison et ce n’est quand même pas rien. Lorsque le couple a entamé son activité de chambres d’hôtes, Gaëtan venant de se retirer des fourneaux pour vivre plus au calme, y cuisinait… mais ce temps-là est révolu, pour des raisons que vous avez pu découvrir hier dans notre article qui lui est consacré. Ceci étant dit, vous pouvez toujours tenter de vous battre pied-à-pied pour qu’il cède et vous concocte un dîner de groupe… mais vous devrez vous lever tôt ! Et c’est exactement ce que fait notre hôtesse. Isabelle anime en effet les émissions radio (très) matinales sur Namur BW – VivaCité (RTBF) tous les jours de la semaine, entre 6 heures et 8 heures… Quand elle m’a dit ça, j’ai failli tomber d’admiration. Si j’ai passé pas mal d’années sur les antennes de la même maison (et quelques autres dans celle d’en face), je ne me serais jamais senti capable d’animer les aurores. Sacrée nana ! Comme dirait l’autre hein, moi je ne me permettrais pas… En tout cas, l’animatrice et entrepreneuse est rayonnante de bonheur et son sourire est la première source de chaleur qu’on rencontre dans sa maison.

Un manoir au passé historique… superbement modernisé.

Situé à quelques mètres de la Meuse, l’imposant manoir affiche une force et une tranquillité impressionnantes… Face à lui, que ce soit côté avant ou côté arrière (photo), on ressent immédiatement une réelle impression de confort et une seule envie : entrer ! Mille mètres carrés, des chambres douillettes et élégantes, des extérieurs verdoyants et un superbe jardin… Que demande-t-on de plus à un endroit où passer une ou quelques nuits de repos ? Évidemment, comme la bâtisse est située non seulement au bord de l’eau, mais aussi d’une route, ne le cachons pas… on entend parfois une voiture passer. Mais rassurez-vous, des vitrages de qualité empêchent le bruit d’agresser les oreilles des gros dormeurs et, si vraiment vous ne voulez pas entendre quoi que ce soit, eh bien… vous raterez tout simplement la superbe vue sur le fleuve, dont bénéficient les chambres en façade ! Ce serait dommage… mais le spacieux jardin ne manque pas de charme non plus.

Grande pelouse, terrasse et piscine vous tendent les bras…

Dans le grand jardin, une piscine chauffée (incluse dans le prix de la chambre) vous tend les bras (en belle saison – arrêtez, les mauvaises langues car je vous entends jusqu’ici : si, il y a bien un été en Belgique). Vous y trouverez également un bel espace terrasse et un barbecue. Lorsque nous sommes arrivés, le premier soleil du printemps nous a accueilli et un petit groupe prenait un apéro joyeux à l’extérieur… Vous risquez aussi d’y rencontrer Mimi, l’adorable petit chat des voisins qui a élu domicile au Richmond. Méfiez-vous de lui (ou d’elle, je l’ignore) car c’est une demande garantie de caresses ! Étant donné que le jardin est situé à l’arrière du bâtiment, c’est un endroit parfaitement calme et si, comme nous vous y passez avant les beaux jours… ça ne vous donnera qu’envie de revenir pour piquer une tête et bronzer tranquillement, peut-être en rencontrant d’autres hôtes qui pourraient devenir des amis.

Confort, rusticité, art contemporain et beaux espaces communs…

Dans la maison, les pièces sont spacieuses et très chaleureuses, grâce entre autres au bois qu’on trouve un peu partout… c’est agréable et très cosy. Le salon commun est décoré avec beaucoup de goût. Un très beau carrelage ancien et étonnamment contemporain en même temps, des canapés gris de deux tons, des meubles anciens, en bois comme l’un des tables à manger, des chaises en plexiglas et chrome, un superbe billard (libre d’accès) et des œuvres d’art contemporain… l’ensemble est harmonieux et équilibré. Bref, on s’y sent bien ! Si vous cherchez quelques informations sur les activités touristiques de la région, c’est dans cette pièce que vous les trouverez. Mais, un petit conseil : demandez à Isabelle ou Gaëtan de vous conseiller, c’est nettement plus convivial que les brochures… Ce qui est agréable aussi en maison d’hôtes, est de s’installer dans les pièces communes et de faire connaissance avec les hôtes qui occupent les autres chambres. Ils viennent généralement d’un petit peu partout, parlent de nombreuses langues et les rencontrer est toujours enrichissant. Si c’est que vous cherchez en évitant les hôtels de chaînes où on se salue à peine, vous trouverez clairement cette convivialité au Richmond.

Une œuvre d’exception…

J’ai évidemment craqué pour une superbe statue signée Niky de Saint Phalle. C’est un cadeau de l’artiste à Gaëtan, qui fait partie de la célébrissime série de femmes rondes et colorées intitulée Les Nanas, réalisée par l’une des plus actives meneuses du mouvement artistique Nouveau Réalisme. Vous ne pourrez pas rater ses cousines monumentales, si vous allez vous promener à proximité du Centre Beaubourg à Paris. L’artiste est décédée en 2002 en Californie… C’est troublant de se trouver face à une œuvre de cette grande dame, qui fut aussi mannequin et réalisatrice, entre autres. Encore un des atouts du Richmond : le goût de ses propriétaires pour l’art contemporain… il y a des œuvres partout et l’harmonie de la maison n’est est pas altérée, ce qui est une véritable prouesse.

Confort, nuit douce et vue sur le fleuve.

Nous étions dans la chambre baptisée Dom Juan (oh, modestement, je ne sais comment le prendre). Lorsque j’ai dit qu’elle était de jolie taille par rapport à son prix, je me suis entendu répondre que c’était… la plus petite ! Encore un bon point, puisqu’on n’aime généralement pas se retrouver dans une petite pièce de quelques mètres carrés pour y passer la nuit. Celle-ci en faisait environ 25 ou 30, un vrai petit bonheur. Que dire de la vue ? Avec la chance que nous avions en ce tout premier jour de temps réellement printanier, la Meuse s’était parée juste à nos pieds de diamants, de ses plus beaux canards colverts au cou d’émeraude et des rayons du soleil couchant… un régal. La salle de douche était petite et fonctionnelle, les toilettes séparées et fermées (autre bon point) et la chambre ne manque pas d’espaces de rangement, que du contraire. Vos bagages peuvent être de belle taille sans craindre de se trouver à l’étroit. D’ailleurs dans les toilettes, vous pourriez ranger une collection de trente paires de chaussures ! La literie est vraiment de toute première qualité, ce qui est tout de même le plus important dans une chambre… j’ai d’abord cru que le matelas serait trop mou à mon goût, mais j’ai finalement eu l’impression d’y flotter littéralement et ma nuit fut très douce. Ce ne sont pas des matelas à mémoire de forme, mais ils sont de la même qualité. Deux fauteuils bas pour papoter un peu, une petite table de salon pour y poser l’ordinateur, un réseau wifi gratuit autant qu’efficace et une télévision à écran plat qui n’a pas la taille d’un radioréveil… tout ce qu’on attend d’une bonne chambre d’hôtes. Mon regard n’a pas accroché le moindre grain de poussière et je ne joue pas aux emmerdeurs et pseudos « experts » de l’émission Bienvenue chez nous… je n’ai donc pas ressenti la moindre envie ni le plus petit besoin d’effectuer une inspection quelconque. Tout ici est nickel et on se sent instantanément bien…  

Un petit-déjeuner copieux, frais et convivial.

En maison d’hôtes, le petit-déjeuner est vraiment un moment important, en tout cas à mes yeux. Ici, vous trouverez à peu près tout ce qui pourrait vous faire plaisir, à l’exception du champagne ou du caviar… quoique si vous le demandiez, je suis certain qu’on vous en apporterait. La gentillesse du service, les œufs que vous demandez à la minute et qui n’ont pas traîné durant deux heures dans le l’eau tiède ou sous cloche, du café fait au percolateur ou en dosettes… jambon, fromages de la région, pains artisanaux, viennoiseries, céréales, jus de fruit, laitages… Je ne vois pas très bien ce qu’on pourrait vouloir de plus pour bien débuter une journée. Un des grands atouts du Richmond est certainement son agréable salle de petit-déjeuner, agréablement rehaussées de plusieurs œuvres du peintre liégeois José Chapelier, dont le travail coloré est un véritable sourire matinal. C’est aussi l’un des peintres belges les plus connus à travers le monde, où il a exposé dans les plus grandes galeries. Les rencontres matinales y sont facilitées par la grande (et très belle) table en bois autour de laquelle s’installent et se rencontrent les hôtes. Nous y avons d’ailleurs fait connaissance avec un couple vraiment charmant venu de Halle et nous reverrons rapidement Raphaël et Yamina. C’est ça aussi… ce qu’on espère d’une bonne maison d’hôtes !

Au Richmond, les tarifs des chambres vont de 69€ en basse saison, jusqu’à 139€ en haute saison. Le petit-déjeuner, l’accès à la piscine, au jardin et le wifi sont compris dans ces prix.

Site : www.lerichmond.be

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(Tables) Le P’tit Troquet à Godinne : il n’a de petit que le nom !

Souvent, quand on dit « restaurant », on pense « grande ville » : Paris, New-York, Bruxelles, Tokyo, Londres, Rome… On oublie que c’est le terroir et donc la province, qui fait la pluie et le beau temps, le bonheur ou la déception sur bien des tables, pour ne pas dire toutes. Légumes, viandes, fromages, vins, eaux, même le blé pour le pain… tout en est issu et des chefs ont parfois l’excellente idée d’y réimporter leur belle table, leur sens de la cuisine, de la chaleur humaine et le talent qui vont à nouveau les rapprocher de la terre. C’est exactement le cas de Gaëtan Colin et de son P’tit Troquet, délicatement posé en bord de Meuse, dans le namurois qu’on oublie souvent. La région est belle, riche en produits de qualité et le chef-entrepreneur au parcours déjà long, a décidé de déposer ses valises et sa vie juste au bord du fleuve.

Les bords de Meuse en région namuroise sont magnifiques ! Falaises, carrières de pierre bleue ou du pays, magnifiques maisons haut-bourgeoises et manoirs du 18ème siècle y sont légion, les yeux ne savent plus où se porter tant il y en a. Au fil de l’eau, ça rappelle l’époque glorieuse du charbon, à laquelle la Wallonie était de loin la région la plus riche du pays. De nouveaux propriétaires passionnés ont redonné leur lustre d’antan à toutes ces demeures et rendu à la vallée sa splendeur. À moins d’une heure de route de Bruxelles, il faut aller (re)découvrir cette très belle région qui ne demande qu’à vous ouvrir les bras. Restaurants, hostelleries, maisons d’hôtes, canards sauvages, barques et nature superbe vous y attendent, prêts à rendre votre séjour inoubliable, quel que soit sa durée. Une chose est sûre, vous y dégusterez autant des yeux que des papilles… C’est ce que nous avons fait 24 heures de pause… et nous avons donc dîné au P’tit Troquet, à Godinne.

Une solide expérience déposée en bord de fleuve il y a quatre mois.

Présente-t-on encore Gaëtan Colin ? Oui, sans doute… mais pas pour son passé déjà riche et que tout le monde connaît dans le petit monde de la gastronomie belge. Le Jaloa, une étoile Michelin, titre du Jeune de Demain par Gault et Millau en 2011 et 16/20… vous verrez son image de chef dynamique et d’entrepreneur dans la vidéo ci-dessus. Mais, comme disait l’autre… ça, c’était avant ! Oui, parce qu’aujourd’hui Gaëtan a fui la ville et son agitation, pour s’occuper avec son épouse Isabelle (que nous vous présenterons plus longuement demain) de sa vie de famille et de la superbe maison d’hôtes le Richmond, située à cinquante mètres du restaurant. En papotant tranquillement avec lui, dans la belle salle des petits déjeuners du Richmond, on le sent heureux et serein. S’il continue à veiller au destin du restaurant qu’il partage avec son frère à Kraainem et garde un œil du côté de Tarragone en Catalogne où il a conservé une affaire, il s’occupe surtout désormais des siens. Le petit dernier m’a tapé des « give me five » à gogo, il adore ça ! Au passage Gaëtan cajole son énorme berger des Pyrénées ou la petite chatte du voisin, qui a élu domicile ici… On le sent serein et il me raconte aussi sa passion de la transmission. Il enseigne dans une école CEFA (Centre d’Éducation et de Formation en Alternance) et on sent que ça le rend réellement fier et heureux. Enseigner, partager, transmettre ses savoirs à ceux qui feront la restauration de demain le passionne et reflète bien la générosité qu’on ressent dans son sourire ou sa poignée de main. Depuis quatre mois, il préside aussi aux destinées du P’tit Troquet, un restaurant simple, cosy et où l’accueil de Quentin rendrait joyeux un croque-mort… Dans le respect des produits, des choix aussi locaux que possible (dépendant des saisons) et de l’expérience gastronomique de notre hôte. Comme il l’a fait avec nous… nous vous y emmenons donc !

Des entrées qui virevoltent par-dessus l’idée qu’on se fait d’un troquet.

En apéritif, nous avons découvert avec plaisir une coupe de Roteuse de Landra… vin pétillant brut, frais et très subtilement fruité. Une jolie trouvaille datée 2016, produite de manière naturelle dans le Ventoux au domaine du Château Landra. Un superbe (et délicieux) petit pain artisanal entier est dressé à côté d’un beurre fermier et d’un bocal de préparation à base d’artichaut et d’une « mayonnaise » maison légère… ça promet. Miguel, qui m’accompagne pour cette découverte dans le namurois, a craqué pour le Foie Gras poêlé, lait de poule au sésame, granny et betterave (15 €). Et il a eu raison ! Ne craignez pas que la quantité soit chiche… ce n’est qu’une vision de l’esprit et surtout, en cuisine on sait ce qui suivra. Voilà une entrée d’une subtilité étonnante : écume de lait, sauce crémée aérienne au parfum de sésame, qui apporte une légère saveur torréfiée. Ça parfume chaque bouchée du foie gras parfaitement cuit (légèrement croustillant et très moelleux à cœur), c’est un plaisir quasi sensuel. La légère acidité de la Granny et d’élégantes fines lamelles de betterave équilibrent l’ensemble. C’est d’une légèreté incroyable, quand on connaît la puissance en bouche d’un foie gras poêlé habituellement. Rien à dire… on reconnaît la patte étoilée de Gaëtan Colin, indubitablement !

Pour ma part, j’ai jeté mon dévolu sur les escargots ! Ben… on est à côté Namur ou on n’y est pas ? Je ne pouvais donc en aucun cas passer outre cette spécialité régionale fort réputée et emblématique. Même s’ils sont moins gros que leurs cousins bourguignons, ils ont une saveur nettement plus marquée. En tout cas, mes Petit-Gris de Namur persillés, lard fumé et crème de Vouvray (15 €) étaient… comment dire ? Un enchantement pour les papilles ! Si l’assiette ne multiplie pas de chichis, le dressage est élégant et surtout elle dégage un parfum à tomber, ou plutôt à s’envoler au paradis. Je n’ai pas compté, mais il y avait sans doute une bonne douzaine d’escargots, cuits exactement comme il faut, fermes mais pas durs ni caoutchouteux. Les lardons étaient savoureux et moelleux, le fumé ne supplantant pas la saveur du petit gastéropode. Comme pour venir équilibrer leur couple, la sauce au Vouvray laissait leur juste place aux arômes du vin blanc et à la subtile acidité légèrement ferrugineuse du persil. Ce fut ma première entrée aux escargots digne du qualificatif « gastronomique » et toute en élégance.

Pour les grosses pièces, nous avons joué à la fois la tradition et la création.

Pour rassurer ceux qui n’apprécieraient que la belle pièce de viande rouge et les frites-salades… Miguel a choisi le Cuberoll d’Irlande rôti, salade, frites (20€) et sauce béarnaise maison (4 €). Cette viande savoureuse n’est produite qu’avec des bœufs élevés dans les plaines et pâturages irlandais et mérite sa réputation. Ici, le morceau est particulièrement tendre et la cuisson impeccable pour ceux qui apprécient la viande bleue, mais néanmoins chaude. Sa saveur est parfumée, sans être trop corsée, procurant un réel plaisir à Miguel, très amateur. Les frites sont maison et parfaitement réalisées, croustillantes et dorées à souhait. Quant à la béarnaise, elle est du niveau que j’attendais dans la maison. Superbement épaisse et crémeuse, lisse et pas liquide ou tranchée comme c’est trop souvent le cas des sauces (même maison) réchauffées en dernière minute, elle apporte à la viande son velouté, dont les saveurs d’estragon aiguisent et révèlent de nouvelles subtilités. C’est un plat traditionnel, mais exécuté de main de maître.

Moi, j’ai plutôt opté pour un poisson, vous savez à quel point je les apprécie. J’ai donc longuement hésité avec la seiche qui me tentait fort ainsi que son caramel de sésame… mais, j’ai finalement opté pour le Dos de Cabillaud, chorizo, aubergines, courgettes et poivrons (20 €). Je vous le dis… faites comme moi, c’est une véritable tuerie et ce plat vaut une étoile ou je n’y connais plus rien ! Voilà un plat équilibré, savoureux, riches en textures, senteurs et saveurs, dans laquelle chaque produit est respecté comme rarement. Chacun y trouve à la fois sa juste place et le petit complément d’âme qu’il peut amener aux autres… c’est une véritable prouesse de funambule. Dès qu’elle arrive, l’assiette séduit par l’élégance simple de son dressage, ses proportions justes et ses couleurs. Mais quand y plonge… c’est de la volupté pure. Le dos de cabillaud est moelleux, tendre et très goûteux, fort généreux aussi… les légumes sont exceptionnels et je pèse mes mots. Je n’ai que rarement gouté des poivrons à ce point parfumés et identifiables, et même la courgette (souvent fade) chante sa partition avec justesse. L’équilibre végétal de ce plat frise la perfection absolue ! De plus, quand la sauce, qui cache des effluves et des saveurs de chorizo, vient envelopper une bouchée de son velours, c’est tout simplement l’extase. Vous pensez que j’exagère ? Pas du tout… et je signe chaque mot avec enthousiasme, tant cette assiette m’a procuré de plaisir. Je ne pourrais en dire plus sans jouer au technicien et ce n’est vraiment pas ce qu’appelle ce dos de cabillaud qui sera difficile désormais à détrôner, non pas à mes yeux, mais bien à mes papilles. De la poésie pure…

Des fromages locaux et une Dame blanche maison pour finir…

Ne voulant en aucun cas me jeter sur du sucré après le choc que je venais de vivre, j’ai porté mon choix sur quelques fromages régionaux pour terminer en beauté ce dîner… La bûche de chèvre cendrée savoureuse pas trop puissante, mais aussi la Divine Valentine, m’ont particulièrement plu. Mais la richesse et la variété du plateau prouve bien que la Belgique n’a rien à envier à d’autre pays question fromages. Ce n’était pas une découverte pour moi, mais une simple et agréable confirmation. D’ailleurs, chaque région de notre petit pays chante sa mélodie en la matière, sans avoir à rougir des ténors français… Une fin de dîner douce et parfaite.

Miguel lui, a choisi la Dame Blanche maison… Il n’y a pas grand-chose à en dire, c’était impeccable et plein de parfum. Ceux de la vanille dans une glace fort bien réalisée et du chocolat noir fondu, puissant mais pas trop sucré. La crème fraîche était épaisse et subtile, tandis que des éclats de chocolats apportaient le petit croquant qu’on apprécie tant dans un dessert glacé.

Pour conclure, nous avons fini la soirée avec un bon café serré et je n’ai pas été surpris que mon test habituel de l’Irish Coffee soit parfaitement réussi, je venais de goûter la crème fraîche de Miguel… Je ne peux que vous conseiller de quitter les rues trop battues de Bruxelles et d’aller faire un petit tour du côté de la Meuse, pour aller découvrir le P’tit Troquet, qui n’en a que le nom. Ici, c’est une table gastronomique au prix d’une brasserie… ce qui n’est pas un défaut, loin de là ! Le service parfait, souriant et plein d’humour de Quentin est à souligner, car il concourt à passer une soirée harmonieuse. Il mériterait aussi son étoile… comme la table qui pourrait bien se retrouver rapidement récompensée. Mais, avec Gaëtan Colin à la barre… comment douter que ce petit navire en bord de Meuse arrivera à bon port ? Il ne nous restait plus qu’à parcourir cinquante mètres le long du chemin de halage, pour respirer un peu l’air doux de ce premier soir printanier et rejoindre doucement notre chambre au Richmond (que vous découvrirez demain) … après une soirée parfaite en tous points.

Notation : 4 Marcus
(1 = moyen – 2 = correct – 3 = Table de qualité – 4 = table de grande qualité – 5 = Table d’exception).

Site officiel : www.le-ptit-troquet.be

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Éric Kayser : pas une chaîne, mais une gourmet(te) de boulangeries artisanales.

Dans l’esprit de beaucoup d’entre nous, lorsqu’une enseigne les possède ou que de nombreuses boutiques dans le monde portent son nom, un artisan ne l’est plus vraiment et fait place à un industriel… J’avoue que c’est un peu dans cet état d’esprit que je suis allé à la rencontre de Michaël Marque, propriétaire de la boulangerie Éric Kayser de Bruxelles. Il existe des dizaines de boulangeries Kayser dans le monde, de Paris à New-York en passant par Tokyo, Taipei, Riyad ou Dubaï… Du coup, je pensais devoir classer l’enseigne parmi les chaînes industrielles de qualité. Pourtant, le propriétaire du magasin bruxellois m’a fait comprendre la réalité de l’artisanat dans sa maison, comme dans toutes les autres portant le nom du boulanger français. En écoutant ses explications, vous pourrez découvrir sa passion pour un métier difficile, qui fait partie intégrante de la gastronomie.

L’étape bruxelloise de l’aventure internationale d’un artisan français.

Éric Kayser est un boulanger français de la sixième génération, issu de la belle région de Lorraine. Ses parents ont pourtant décidé de la quitter en 1975, pour rejoindre le soleil et la chaleur de la Côte d’Azur. Il les suit évidemment et décide de faire son apprentissage professionnel à Fréjus, où il deviendra Compagnon du Devoir, âgé seulement de 19 ans. Après six années, durant lesquelles il enseigne la boulangerie à l’Institut National de la Boulangerie-Pâtisserie (INBP), il crée en 1994 avec Patrick Castagna, le « Fermentolevain ». Une machine permettant de créer et entretenir un levain liquide prêt à l’emploi, qui deviendra définitivement sa signature. Vous la découvrirez en images dans la vidéo-interview de Michael Marque, qui vous en explique le fonctionnement et toute l’importance dans les boulangeries Éric Kayser. Celui-ci crée son tout premier magasin en 1996 à Paris. Le numéro 8 de la rue Monge, dans le cinquième arrondissement de la capitale française, restera d’ailleurs le siège de la future expansion de son affaire. En effet, au fil du temps suivront les ouvertures de nombreux magasins à travers le monde. En 2002 la maison Kayser ouvre au Japon, où sont situés aujourd’hui pas moins de 32 boutiques ! Le pays du soleil levant est donc la plus grande zone d’implantation du boulanger. Pour l’heure, le réseau international de l’enseigne compte une centaine de boulangeries artisanales, situées dans une vingtaine de pays. Londres semble être la prochaine étape… En tout cas, une chose est sûre : à Bruxelles, Éric Kayser a trouvé un véritable ambassadeur passionné et nous sommes heureux de l’avoir rencontré pour vous.

Respect de la « méthode » qualitative Éric Kayser, dans toutes les boulangeries artisanales portant son nom.

Comme vous avez pu le constater au travers de ses explications passionnées et passionnantes, Michaël Marque est tout « pétri » de son métier ! Pourtant, ce n’était pas une évidence, puisque ce dynamique entrepreneur est issu du monde de la finance, nettement moins artisanal que celui de la boulangerie qu’il dirige aujourd’hui ! Dans l’élégant magasin d’Uccle, situé à deux pas du centre commercial de la Bascule, le personnel est souriant, les odeurs qui flottent un peu enivrantes et la clientèle habituée. Quelques tables vous permettent de petit-déjeuner le matin, de prendre un café et un petit gâteau dans la journée, d’y déjeuner d’une carte courte le midi et même d’y bruncher au champagne, les dimanche et jours fériés. Chaque jour, dans l’après-midi, vous pourrez aussi vous arrêter pour prendre le « quatre heures » qui rappellera l’enfance à bon nombre d’entre nous (une gourmandise au choix, une boisson chaude ou froide). Comme dans tous les autres magasins portant le nom d’Éric Kayser, les boulangers ont chacun été formés à Paris, dans le berceau de la maison-mère. Les pains sont tellement variés (entre 15 et 20 en général), que je vous conseille de visiter le site internet de la maison pour les découvrir en détails… ou de les goûter tous ! Chaque mois, un pain spécial est créé et mis en vedette, proposé à une clientèle devenue très exigeante du fait de la qualité générale des produits. À côtés des pains, j’ai repéré avec gourmandise des cramiques et craquelins… qui feraient craquer n’importe quel amateur ! Bien évidemment, petits et grands gâteaux, mais aussi viennoiseries, sont de la partie… Les pâtissiers de la maison créent régulièrement des nouveautés « haute-couture » maison et les mélanges de saveurs sont parfois décoiffants, tout en restant élégants ! Côté table, vous trouverez des sandwiches également maison, des salades, des quiches et des soupes au gré des saison, entièrement naturelles.

En conclusion, cette belle rencontre avec Michaël Marque, pleine de bonne humeur et de passion, m’a fait comprendre qu’on peut être à la tête d’un magasin d’enseigne internationale, tout en conservant son identité artisanale. Les capitaux de la boulangerie Éric Kayser de Bruxelles sont entièrement belges, la passion aussi… mais la qualité et le savoir-faire demeurent bel et bien ceux qui sont transmis par l’artisan français dont elle porte le nom ! Mon meilleur conseil : allez y faire un tour et goûtez à tout ce qui vous fera plaisir… car je suis certain que ce sera le cas.

Site officiel : www.ercikayser.be (Pains, viennoiseries, pâtisseries, carte… vous découvrirez tout, ainsi que les horaires et autres informations pratiques).

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Un p’tit dîner en centre-ville ? Bonsoir Clara !

Bon… nul ne l’ignore plus, je ne suis pas un grand fan du piétonnier du centre-ville de Bruxelles, toujours aussi sale, plein de sacs-poubelles, de sans-abri qui vous fendent le cœur et qu’on devrait aider… Mais bien heureusement, il y reste quelques pépites de vie et on est bien aise de les trouver. Rue Antoine Dansaert, ex paradis des créateurs de mode un peu tombé en désuétude, il y a quelques tables sympas et nous avons choisi « Bonsoir Clara », juste à côté de la Kasbah où nous vous emmènerons prochainement. De loin on devine un point de lumière et de chaleur colorée, on est forcément attiré. Une fois devant le restaurant, une chose saute aux yeux : un magnifique vitrail multicolore d’une douzaine de mètres de long sur près de trois mètres de haut, vraie signature visuelle de la maison. On a envie d’entrer !

Le centre-ville est si triste et gris, qu’on est heureux d’y trouver les couleurs d’un endroit dont je me souviens de longue date, devenu un lieu incontournable du quartier. La clientèle y est très cosmopolite, on entend parler anglais, italien, français, et même bruxellois. À chaque table, la bonne humeur semble de mise. Normal… la salle est chaleureuse, la déco très « brasserie chic » et le service gentil et souriant. C’est Patrick qui dirige la salle, sans baguette et avec douceur, secondé dimanche par une jeune Charlotte charmante. Sourire, rapidité (mais pas l’express qui vous donne le sentiment d’être de trop) et compétence, bref : tout ce qu’on attend d’un établissement pour s’y sentir bien. Je regarde les assiettes envoyées aux tables voisines et c’est avenant. Miguel et moi avons hâte de découvrir la carte (pas kilométrique, tant mieux) et de goûter. En apéritif, nous choisissons un Kirr Royal impeccable (11 €), servi avec en amuse-bouche une mousse de poisson rafraîchissante. Le pain est croustillant et les tables en bois vernis assez éloignées pour qu’on n’ait pas l’impression d’être assis sur les genoux des voisins. Tout cela présage d’une bonne soirée… que nous accompagnerons d’un excellent Mâcon-Fuissé 2016 du Domaine Thibert Père & Fils, à 45 €.

En entrée, nous jouons à la fois sur le classique et un peu de créativité.

Le classique se situera du côté de Miguel, qui m’accompagne ce soir. En effet, étant en plein cœur de Bruxelles, l’un de nous se devait presque religieusement de choisir les Croquettes de crevettes grises, maison of course (17,90 €) ! Une jolie croûte de chapelure, croustillante et assez épaisse pour qu’elle ne perce pas et en son cœur une sauce bisquée de crustacés, agréablement parfumée. C’est généreux en crevettes et comme nous ne voulions pas devoir les comparer à leurs excellentes cousines de Chez Léon, elles ont eu le parfait bon goût d’être différentes. D’ailleurs, nul vrai bruxellois de souche n’ignore qu’il existe autant de recettes de croquettes de crevettes qu’il y a de familles dans la capitale du royaume ! Celles-ci sont de parfaite tenue et savoureuses. L’accompagnement est classique : persil frit et citron frais. Un bon point, donc.

Grand amateur de légumes rustiques et de Saint-Jacques, je ne pouvais choisir autre chose lorsque j’ai vu à la carte les Noix de Saint-Jacques poêlées, purées de légumes oubliés, jus monté au beurre de ferme (19,50 €). J’avoue avoir été cueilli par la générosité de l’assiette. Trois noix de belle taille, trônant chacune sur une quenelle de purée de légumes. C’est légèrement terreux comme je l’espérais (les purées, très fines) et la cuisson des Saint-Jacques me convient : nacrées à cœur, un peu croustillantes sur chaque face et dorées…  Parfait à mon goût ! N’oubliez pas, si vous ne les aimez pas comme ça, de préciser la cuisson à la commande. Le jus monté au beurre est onctueux et pas trop présent ni acide, ce qui permet d’apprécier pleinement la saveur de légumes des quenelles de purée, ça me plaît aussi. Peut-être que les petits dés de tomate fraîche ne sont pas vraiment utiles… une toute petite remarque, mais l’ensemble fait une jolie entrée, bien équilibrée et généreuse. Attention donc aux petits appétits…

Côté grosses pièces, nous irons de la terre à la mer…

C’est mon invité qui sera le « viandeux » du jour… comme il le fut déjà lors de notre récent dîner à la Nueva Buenos Aires. Pas de viande argentine ici, mais bien une belle entrecôte « Irish » grillée, sauce béarnaiseaccompagnée de frites maison et d’une salade (24,90 €). Miguel se passera pourtant de sauce, ce qui ne nous a pas permis de la goûter. Ce sera pour la prochaine fois, car nous y retournerons… La cuisson de la viande irlandaise est bleue et chaude, telle que Miguel l’avait demandée et comme je le dis souvent, c’est à chaque fois une vraie performance de la personne responsable du grill. Elle est savoureuse, tendre, légèrement nerveuse et d’une belle couleur. La salade est classique, généreuse, tandis que les frites sont bien « maison » comme annoncé à la carte. Ça croustille dehors et c’est tendre dedans, on est à Bruxelles quand même ! Seul petit reproche : les frites sont joliment présentées dans un petit panier rappelant la friteuse mais, ça les refroidit assez rapidement. C’est finalement normal : un panier c’est plein de… trous. Mais c’est le seul petit bémol d’un plat réussi.

De mon côté, j’ai opté pour un poisson car j’ai dégusté une entrée plus que généreuse. Comme je l’ai dit plus haut, la carte n’est pas énorme et j’aime ça, mais l’offre « poissons » est plutôt alléchante. J’ai donc longuement hésité avec le cabillaud rôti, mais finalement craqué pour le Filet de Lieu jaune cuit sur peau, poêlée de champignons variés à l’échalote et aigre-doux de jus d’épices (22,90 €). Je n’ai pas regretté mon choix. La cuisson du filet est belle, même si je l’aurais présenté peau en-dessous, ce qui m’aurait évité d’avoir à le retourner un peu acrobatiquement. Le dressage est élégant et le poisson posé sur un épais nid de champignons, qui cache aussi des pommes de terre. Sur le Lieu sont déposés quelques haricots vert légèrement croquants, une jolie touche de couleur et une mâche agréable, qui tranche avec les champignons moelleux. Ça donne un peu de croquant à une assiette encore généreuse. Les échalotes sont fondantes et ne déséquilibrent pas l’ensemble, au contraire elles apportent une côté doux et légèrement sucré. Le jus d’épices est plein de saveur, légèrement doux-acide et la royale de petits pois crémeuse à souhait, ce qui donne du velouté au plat. Les champignons sont frais et variés : champignons de Paris, quelques chanterelles et des savoureux shiitakés… ça me plaît et j’ai en seconde bouche le goût de forêt que j’attendais. Promesse tenue, donc. Ce n’est pas de la folle gastronomie, mais il faut souligner le dressage élégant et la qualité des produits servis, ainsi que la générosité de l’assiette. C’est exactement ce qu’on attend d’une maison comme Bonsoir Clara !

En dessert… une crème brûlée à la vanille

Miguel ayant encore une petit place pour un dessert, il choisit la Crème brûlée à la vanille des îles (7,00 €). Elle est craquante et assez épaisse, mais la couche de cassonade casse facilement sous la cuiller, la vanille est présente mais n’emporte pas la bouche. C’est un dessert classique et bien réalisé, dans la cuisine ouverte qui permet de voir le chef et son équipe au travail. Pour ma part, et comme d’habitude, j’ai terminé par mon test de fin de dîner, mais aussi mon péché-mignon : l’Irish Coffee (9,50 €). Pas de mauvaise surprise : la crème fraîche est bel et bien fraîche et ne sort pas d’un bombe, l’équilibre whisky-café est parfait.

En conclusion, Bonsoir Clara est une jolie découverte et une table très agréable. Le service y est impeccable, dans un décor qui vaut vraiment le détour. Dans une salle vous découvrirez le superbe vitrail multicolore et dans l’autre un patchwork aussi coloré et quasi de même taille… Attention, si vous choisissez comme nous un dimanche soir, vous ne pourrez pas profiter du spectaculaire vitrail car la salle n’est pas utilisée ce seul soir. Mais, vous pourrez évidemment demander à aller y jeter un œil comme nous l’avons fait et ça vaut vraiment la peine ! Nous avons passé une soirée savoureuse et souriante, au milieu d’une clientèle très variée et internationale. Je tiens à souligner aussi la gentillesse et la qualité du service de Patrick et Carole. Si vous êtes en ville entre amis ou avec des collègues, voilà un établissement à   noter sur votre carnet de bonnes adresses. Vous n’aurez aucun regret !

Notation : 3 Marcus
(1 = moyen – 2 = correct – 3 = Table de qualité – 4 = table de grande qualité – 5 = Table d’exception).

Site officiel : www.bonsoirclara.com

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