Le Tero : une très belle table, aux pieds enracinés dans notre terre…

Depuis toujours, quand on choisit un restaurant on recherche la qualité… mais aujourd’hui, on aime aussi savoir « d’où ça vient » ! Alors, chez Tero de Bruxelles (une maison déjà installée à Bierges depuis trois ans), l’avantage est qu’on est certain de l’origine d’un maximum de produits. Vous me direz : « ben oui, ils achètent chez de bons fournisseurs », ce à quoi je vous répondrai tout de go : « non, ils produisent dans leur ferme un maximum de choses » … Et là, ça devrait normalement vous en boucher un coin, car ce « luxe » est en général réservé à quelques chefs étoilés, qui ont la chance de posséder leur potager, jardin aromatique ou maraîchage. Eh bien, Tero c’est aussi la ferme des Rabanisse à Rochefort, en Famenne ! Oui… le personnel des deux restaurants n’est pas seul, il y a aussi celui de la ferme et je tire mon chapeau (de paille) à la démarche. J’ai donc essayé et j’approuve avec enthousiasme ! Le Tero de la capitale est ouvert il y a quelques mois seulement et c’est plein. CQFD…

Honnêtement, j’avais pas mal entendu parler du Tero. Donc, mes confrères et consœurs avaient déjà fort bien travaillé. Mais, vous le savez… j’aime vérifier les choses par moi-même, surtout quand on parle gastronomie ! J’ai choisi la douce Anaïs pour m’accompagner et j’ai bien fait car elle adore le bio, les légumes et les produits frais. Nous sommes venus, nous avons vu et avons été (con)vaincus, à la fois par la qualité de la table et la gentillesse, l’efficacité, la disponibilité et la discrétion d’une brigade de salle au top. Vous ne l’ignorez pas, tout ce qui se passe autour de la table m’intéresse… et nous inaugurons une petite nouveauté avec le Tero. Vous trouverez juste avant ma notation finale « les trois mots de la table d’à côté ». Je demande à mes voisins de résumer simplement et en trois mots, leur expérience du moment dans l’établissement que nous partageons pour un soir… Vous verrez, c’est vraiment intéressant et ça vous offre un regard de plus, enfin deux en l’occurrence.

De la ferme à l’assiette… le sourire en plus : une démarche remarquable.

Chaque fois qu’on me parlait du Tero, c’était pour m’en vanter les qualités bio, bio, bio, vegan, vegan, vegan et encore biovegan, ce qui a tendance à me hacher les nerfs menus-menus, je l’avoue ! Je m’attendais donc à me retrouver dans une espèce de ZAD (zone à défendre, genre Notre-Dame-des-Landes – NDLR), servi par des extrémistes de l’agriculture bio en salopette et chapeau de paille (je sais, c’est cliché, mais c’est ça la bêtise), un brin de blé à la bouche. Moi, quand on répète cent fois le mot bio, je ne suis plus très enclin à y croire. Trop, c’est souvent trop, tout simplement. Eh bien, je dois dire que je me suis tout de suite senti en terrain de sincérité et non pas en friche d’une démarche mal maîtrisée. Pour commencer, l’endroit est superbement décoré, de manière sobre et élégante à la fois. Beaucoup de bois, sur les chaises un tissu « sixties-intemporel-Chanel », de grands espaces, des plantes, un superbe bar minéral et de la place entre les tables carrées en bois. Arthur nous accueille : jeune, charmant et enthousiaste. Pas revendicateur ni militant. Non… ici, on est juste heureux d’assumer une démarche gastronomico-agricole, de servir un projet qui tente de mettre à table un maximum de produits bio, mais sachant (et le reconnaissant) sans complexe : on ne peut pas proposer en hiver une tomate juteuse et belge. Car il y a donc aussi une exploitation agricole ! Et à la ferme des Rabanisse, on cultive un maximum de légumes pour les deux restaurants, mais on élève aussi du cochon Duroc (race rustique et parfaitement adaptée à l’élevage extérieur) et des vaches Salers, originaires de la superbe région française d’Auvergne (de la qualité quoi) qui se retrouvent dans votre assiette, sous formes de belles pièces de viande. Arthur semble assez fier de son cochon, même s’il ne l’a pas encore baptisé Excalibur. Il espère pourtant bien un jour remplacer le Pata Negra de la carte par du jambon maison et l’épée aidera à le découper… Pas de mensonges, pas d’exagération… on est juste fier de ce qu’on fait et on ne revendique pas faussement ce qu’on ne fait pas. Bravo ! Ce que j’ai particulièrement apprécié : me sentir à la fois dans un grand restaurant, au cœur d’une brasserie moderne – chic et… à la maison. Un très savant mélange qui est, à mon humble avis de vieux coucou, le résultat de longues réflexions et ça tape parfaitement juste !

Passons à table… et partageons quelques entrées.

Avant de passer aux choses sérieuses, Arthur nous demande ce que nous voulons boire. Ah, il est donc maître d’hôtel ou peut-être sommelier… Son sourire ne le quitte pas et je vois qu’il s’amuse de mon regard étonné face à la courte carte des vins… je préfère suivre ses conseils et il m’oriente (selon mes desiderata) vers un vin blanc qui nous fera le dîner. Sages, Anaïs et moi resterons… Résultat : on nous sert un très agréable Hautes Terres, Limoux 2016 à 39 € et il a exactement le caractère coquin et rafraîchissant que j’en attendais. Concernant les entrées, il nous est conseillé de partager et c’est un peu le principe de la maison. Vous pouvez panacher les entrées et choisir des plats principaux perso, tout comme il vous est loisible de picorer dans tout, y compris les plats. C’est en quelque sorte une déclinaison du concept des tapas. Il faut dire que si la carte est restreinte, tout y est attirant. On devine des saveurs d’ici et d’ailleurs, on subodore des découvertes, mais on y sent aussi une réelle homogénéité, pour ne pas dire une logique. C’est en tout cas une réussite pour une carte courte… Nous choisissons le Houmous du jour (8 €), la Salade d’algues (10 €) et le Gravlax de saumon (14 €). Le houmous est délicat et était annoncé au curry. Il y en avait en effet juste ce qu’il faut pour aromatiser une mousse délicate à base de lentilles corail, ce qui la rend plus légère que le traditionnel pois chiche et c’est très bien vu ! Pas d’excès d’épices, une belle réalisation et pour donner de la mâche à la purée fine, un peu de craquant grâce à des biscuits de graines. Ça craque sous la dent, c’est savoureux et, si on ne les dégusterait sans doute pas au petit déjeuner avec de la confiture, ils feraient de parfaits biscuits apéritifs ! Encore une agréable découverte…

Les tranches de saumon, découpées dans le pavé, sont généreuses et le poisson savoureux. La chair ferme est juste grasse comme il faut, mais surtout (ce qui n’est pas courant) sa température est fraîche sans être froide. Servir le saumon trop froid est une erreur qu’on rencontre souvent et ça lui enlève toute saveur… ici il devait être aux environs de 15 degrés, parfait. Fondant, je l’ai coupé à la cuiller, pour le tremper aisément dans une étonnante mayonnaise végétale au wasabi. C’est d’une grande finesse, la « moutarde » japonaise ne monte pas au nez comme à l’assaut d’une forteresse assiégée et elle se dévoile seulement en seconde bouche. L’estragon frais et l’aneth viennent très élégamment souligner l’ensemble d’un trait verdure. Parfaitement exécutée, l’assiette est généreuse et la quantité de mayonnaise nipponnisante est justement dosée (je suis sûr qu’on vous en apportera un supplément, si vous en demandez). Une entrée à conseiller deux fois plutôt qu’une !

Et enfin, la salade d’algues est surprenante. Nous sommes désormais habitués à la salade wakamé qu’on sert généralement avec les suchis. Celle-ci n’a rien à voir et elle est composée d’algues réhydratées, ce qui leur donne quasi la consistance d’une pâte fraîche et c’est réellement étonnant. Le sésame blanc apporte le petit côté grillé, typique à cette graine que j’ai toujours considérée comme magique et que je consomme d’ailleurs au quotidien (je vous donnerai peut-être un jour ma recette de Gomasio). Le Tamari (sauce traditionnelle japonaise au soja) apporte une légère touche asiatique… Résultat : trois entrées impeccables, dont nous n’avons pas laissé la moindre miette !

Poisson et canard, pour explorer les saveurs… et tatin de chicons pour la belgitude.

Anaïs, qui récupère encore un peu de la naissance de la belle petite Jade il y a sept mois, a choisi la légèreté d’un poisson. Comme je suis galant et même s’il me faisait de l’œil, je la laisse donc pêcher sur la carte le Filet de Bar, pickles de navet au vinaigre de riz, sauce citron vert et sésame (13 €). Il n’y aura aucune surprise concernant la cuisson du poisson, parfaitement maîtrisée, chair nacrée et tendre qui se détache aisément, peau croustillante à souhait ! Les pickles de navet sont une agréable découverte (une de plus) et restent croquants. C’est assez doux et le vinaigre de riz a la décence de se faire discret sans se déchaîner sur nos papilles (une autre habilité du chef, of course). La sauce au citron vert n’a pas l’acidité qu’on pouvait craindre à la lecture du menu, elle est crémeuse à souhait, légère, parfumée. Ici aussi, le sésame apporte sa discrète signature… l’ensemble, subtil et équilibré, donne une assiette élégante et légère, qui ne laisse pas sur sa faim. Un petit bout de pain (artisanal et croustillant) n’est d’ailleurs pas malvenu pour saucer…

De mon côté, j’attendais un peu le canard au tournant, mea culpa… Il est vrai que lorsqu’on choisit un magret cuit à basse température (14 €) et que, comme moi on l’aime rosé, on joue à peine au casse-pompons. Caramba, c’est raté… il n’y a rien à dire sinon : « félicitations ». C’est de la haute voltige et seules une ou deux gouttes de sang se sont répandues sur mon assiette, rapidement absorbées par une viande savoureuse et tendre. La peau était rôtie comme je l’apprécie et une fois n’est pas coutume, la graisse sous l’épiderme du volatile n’a pas entièrement fondu et elle décide de le faire voluptueusement sur ma langue. La bonne idée que voilà ! J’ai vécu six ans dans le sud-ouest et ce magret ne serait pas renié par le chef grilladin de la célèbre Tupina (Maison Fredon, rue Porte de la Monnaie à Bordeaux – meilleur restaurant de grillades au monde selon Gault et Millaut). La viande est restée fondante et chaude tout au long du temps que j’ai pris pour la déguster et c’est une prouesse en soi. Plutôt que classiquement accompagné d’une sauce à l’orange, le magret est soutenu par un délicieux condiment à base d’orange certes, mais aussi de Rooibos (thé d’Afrique du sud, qui ne pousse que dans les montagnes de Cederberg) dont je suis par ailleurs consommateur assidu. Presque un coulis d’orange, agrémenté d’une légère saveur de thé et d’un kumquat juste confit, pour une pointe d’acidité… c’est impeccable !

Comme je l’ai dit à Arthur au moment de passer la commande, la Tatin de chicons caramélisés me draguait ouvertement. Logique, puisque le chicon (endive pour nos amis français, à l’exception des Chtis) est de loin mon légume préféré. Sous toutes les formes, cuit ou non, j’adore tout simplement… Je ne pouvais donc pas laisser passer ça. Pas de regrets à la dégustation, mais cela ne nous a pas étonné, vu le niveau du reste. Une pâte maison, une tatin bien compacte et caramélisée comme promis (ce n’est pas toujours gagné) et surtout, l’amertume du chicon parfaitement respectée ! Ouf, pas de trahison du produit, tentant de cacher ce qui fait l’identité d’un légume d’exception. Je suis franchement ra-vi.

Finir en douceur et encore étonné… mais aussi avec un café spécial.

Nous avions encore juste la place nécessaire à un petit dessert et notre choix s’est porté sur la mousse au chocolat noir (maison évidemment). Dès la première cuillerée, je fus surpris… mais késako ? C’est parfaitement chocolat noir, c’est le moins qu’on puisse dire (un peu trop pour Anaïs, mais les choses sont clairement annoncées dans l’intitulé), c’est d’une consistance ferme et impeccable… mais ce n’est pas une mousse au chocolat comme je la connais. J’appelle Arthur, je lui pose une question, il me donne une réponse, mais je ne la partagerai ici pas avec vous, car je vous laisserai deviner ça le jour où vous dînerez au Tero. Ou bien, vous demanderez à votre tour, si vous êtes aussi curieux que moi. En tout cas, pour me surprendre avec une mousse au chocolat il fallait le faire, et nous avons conclu ce dîner sur une énième surprise, agréable comme toutes celles qui l’ont précédée !

Il y a café et café Tero…

Vous ne l’ignorez plus depuis longtemps… dans chaque maison qui me paraît de qualité, je teste l’Irish Coffee pour finir mon dîner. Mais, quand on me propose une alternative proche et alléchante, je me laisse convaincre sans beaucoup me révolter… et je découvre à la carte le Tero Coffee (10 €). La crème est réellement fraîche et ne sort pas d’une bombe de Chantilly, ne s’est pas mélangée au café ni à l’alcool et la présentation est donc impeccable. De plus, c’est servi dans un gobelet en verre à doubles parois et… on ne se donc brûle pas, le top ! 

En conclusion, je dois bien vous dévoiler une chose que j’avais subodorée. J’ai un peu charrié Arthur sur son prénom et évoqué le célèbre roi homonyme, ainsi qu’Excalibur, ce qu’on a dû lui faire trois millions de fois… Toujours est-il qu’il me semblait que sa « culture Tero » était fort passionnée et très approfondie… Nous avons parlé de projets agricoles (que je ne dévoilerai pas) et je me disais que c’était là un responsable de salle fort bien informé et impliqué. En fin de compte, je n’avais pas tort quand j’évoquais le Roi Arthur, puisque mon interlocuteur s’est avéré être le C.E.O, le big Chief, le parton, le boss… bref, Ze king Arthur himself et donc le concepteur de cette entreprise belge ! Sa modestie, son sourire et son sens de l’accueil, ainsi que les idées dont il a bien voulu me parler, prouvent une chose : les jeunes entrepreneurs représentent un bien bel avenir. Comme je le lui ai d’ailleurs expliqué sans savoir qui il était, j’ai rencontré cette année beaucoup d’entrepreneurs trentenaires ou quadras et nous vous les avons tous présentés : Repair Club, Dogchef, le président d’une fruitière de Comté, l’affineur Rivoire, cPark, le Guides pas sages, Kevin Vanlancker… tous représentants d’une nouvelle génération, respectueuse de ses racines et qui souffle un vent de jeunesse et de modernité. Encore une fois, c’est rassurant pour l’avenir, pas si noir que certains voudraient nous le faire croire. Arthur m’a semblé le parfait exemple de cette richesse… Aujourd’hui, entre les deux restaurants et la ferme, son entreprise pèse environ 25 emplois à temps-plein et avec les projets qu’il a en tête, je parie qu’il pourvoira encore bien des emplois. On pourrait sans aucun complexe qualifier ses restaurants de « durables », mais je ne suis pas certain que ce soit son obsession. Par contre et à mon sens, un BIB Gourmand lui ferait certainement plaisir et lui pend sans doute déjà au nez (à bon entendeur, Messieurs du Michelin) ! Quand on a autant de rigueur, d’idées et de gentillesse, on ne peut que se forger un avenir solide comme la lame d’Excalibur !

Enfin, je le disais en introduction, voici pour la première fois « les trois mots de la table d’à côté ». Mes voisines s’appelaient toutes deux Chloé et elles ont gentiment accepté d’inaugurer le principe : résumer en trois mots leur dîner, pris au même endroit et au même moment que le mien…

Les 3 mots de Chloé 1 : ÉPURÉ – FINESSE – DÉCOUVERTE
Les 3 mots de Chloé 2 : CONSEIL – ACCUEILLANT – ORIGINAL  

Notation : 4 Marcus
(1 = moyen – 2 = correct – 3 = Table de qualité – 4 = table de grande qualité – 5 = Table d’exception).

Sites officiels : www.tero-restaurant.com (Infos sur les deux restaurants) et celui de la ferme des Rabanisse : www.fermedesrabanisse.com

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Dogchef : une cuisine de chef pour votre toutou !

Alexandre Cardon et Alexis d’Oultremont ont fondé une entreprise visant d’emblée une clientèle potentielle énorme… qui en Belgique, dépasse largement le million de « cibles » : les chiens ! Vous me direz : « oui, mais on sait que les gens sont gagas de leurs toutous et qu’ils dépensent sans compter pour eux, tout est déjà inventé dans le domaine ». Eh bien non, pas tout… puisque nos jeunes entrepreneurs noir-jaune-rouge ont eu une idée vraiment novatrice, concernant nos amis canins. Il faut les nourrir chaque jour de leur vie et on ne compte plus les marques de croquettes ou pâtées, de bonne ou mauvaise qualité, qui garnissent les rayons des magasins spécialisés, supermarchés et même pharmacies. Pourtant, personne n’avait encore pensé à faire un métier de la préparation de bons repas maison pour Médor et les autres… C’est donc chose faite avec Dogchef.be et ça marche !

Alexandre Cardon a répondu à nos questions :

Lorsque nous lui parlons de l’idée qui a présidé au lancement de Dogchef.be, Alexandre Cardon nous rappelle tout simplement que l’homme est accompagné de chiens depuis la nuit des temps et qu’il a toujours fallu leur préparer des repas. Plus logique que ça… c’est impossible. Les deux jeunes entrepreneurs belges ont donc en quelque sorte simplement retrouvé la mémoire et remis au goût du jour une activité qui fut quotidienne durant des siècles, avant que naissent les croquettes et les boîtes de pâtées. Les unes sont sèches, dures et franchement pas très sexy (ou deviennent une infâme bouillie quand on les mouille) et les autres sont tellement odorantes quand on les ouvre, qu’on en tomberait parfois sur les fesses tant c’est fort ! En bref… rien de vraiment bien attrayant pour nos toutous et concernant l’incroyable golden retriever qui avait pour nom Billy et qui m’a accompagné durant douze années, j’avoue que j’ai souvent culpabilisé. Cela ne m’a pourtant pas empêché de ne jamais cuisiner pour lui, par facilité sans doute… Peut-être est-ce dû aussi au fait qu’étant petit, j’ai subi tous les trois jours les odeurs du riz-carottes-cœur de bœuf que ma mère préparait pour le premier confident de mon enfance, un merveilleux berger allemand nommé Barry, qui a quand même vécu dix-huit ans. Alors maintenant, plus besoin de culpabiliser ni de cuisiner, Dogchef.be le fait pour vous.

Bien sûr c’est plus cher… mais quand on aime on ne compte pas, surtout pour de la qualité.

Abordons tout de go le contre-argument que tout le monde mettra en avant : « je suppose que c’est super cher » ! Oui, c’est deux à trop fois plus onéreux qu’une nourriture industrielle, comme le reconnaît sans problème Alexandre Cardon. Quand on lui pose la question, il ne fait pas de circonvolutions ni ne tourne autour du pot (ou de la gamelle). Alors, qu’est-ce qui peut bien justifier cette importante différence de prix ? C’est assez simple à comprendre : il y a le travail d’évaluation des besoins du chien, celui des nutritionnistes qui conçoivent les recettes, l’utilisation de produits de première qualité uniquement frais, le travail de préparation, d’emballage et d’expédition… pour ne citer que quelques exemples. N’est-ce pas finalement un peu comme pour nous, les humains ? Nous aussi, avons le choix entre nous contenter de consommer des produits « blancs » par souci d’économie ou bien de luxe, quand nous en avons les moyens ou que nous décidons simplement de privilégier notre santé. Finalement, pour nos compagnons à quatre pattes il en va de même, mais comme ils n’ont pas la parole, c’est à nous que la décision revient. Et quand on parle de santé, ce n’est pas une vision de l’esprit : une alimentation de qualité peut prolonger la vie de votre animal jusqu’à trois ans, ce qui n’est pas négligeable en matière de câlins et complicité ! Rassurez-vous, je ne fais pas de la pub gratuite pour Dogchef.be, car je n’ai plus de chien et je suis intègre… je mets seulement en avant un argument de poids, aussi important peut-être que celui que perdrait votre Médor s’il suivait un régime équilibré…

Quels sont les avantages et comment ça fonctionne ?

Utiliser les services de Dogchef.be est franchement simple et c’est sans doute une moitié de l’explication de son succès. Facilité et gain de temps justifient à mon avis la moitié aussi de la différence de prix avec les nourritures industrielles, sèches ou en pâtées. Mais il n’y a pas que ça… En effet, on sait que, même si vous faites comme des millions de propriétaires de chiens au fil des siècles et cuisinez régulièrement pour votre compagnon, vos repas maison ne couvriront à peu près jamais leurs besoins nutritionnels. C’est dû au fait que, ne les connaissant pas, vous ne pouvez savoir tout ce qui est nécessaire à son équilibre et sa bonne santé. Chez Dogchef.be, ce sont des vétérinaires experts en nutrition qui composent les recettes et cela assure la qualité de celles-ci sur le plan diététique. Les repas sont calculés selon les besoins spécifiques de votre chien et un toutou sédentaire et balourd n’aura pas les mêmes qu’un petit zinzin qui courrait toute la journée au jardin… Les commandes vous sont livrées très rapidement après la cuisson et se conservent facilement une quinzaine de jours au frigo et jusqu’à trois mois au congélateur. Les livraisons se font en journée et même le soir, vous recevez un SMS une demi-heure avant l’arrivée du livreur et cela vous permettra de vous organiser. Nous avons posé la question à Alexandre Cardon et il nous a clairement précisé qu’il n’y a pas de durée obligatoire d’abonnement… vous arrêtez quand vous voulez (mais vous devrez sans doute assumer la mauvaise humeur de Médor ensuite – sourire). Enfin, les barquettes sont emballées sous vide et prêtes à servir ! Tout cela finalement, justifie sans doute l’autre moitié de la différence de prix… et on ne parle tout de même pas d’une fortune par mois, à peine le montant que vous payeriez pour une eau de toilette pour chien (je ne m’y ferai jamais) … Il faut compter 3 à 4 € par jour pour un chien moyen (entre 10 et 15 kg), donc 100 à 120 € par mois… ce qui veut dire que votre Yorkshire ou Chihuahua vous coûtera environ 60 € par mois. Ces prix ne représentent finalement pas un luxe vraiment fou… c’est plus cher que l’industriel, mais pas ruineux. D’autre part, comme je l’ai demandé à Alexandre Cardon, Dogchef.be a des projets et il se pourrait bien que, dans un avenir encore non déterminé, les chats se mettent à leur tour à être servis !

Site officiel : www.dogchef.be

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Le Nueva Buenos Aires : un sueño de buen gusto y amabilidad…

Les restaurants argentins ne sont pas légion à Bruxelles et on peut dire que si vous désirez faire un vol direct vers Buenos Aires sans prendre l’avion, il n’y a qu’un seul chemin à suivre et il mène à la chaussée de Waterloo ! L’endroit n’a pas vendu son âme et on dirait un véritable petit bout d’Argentine posé au cœur de la capitale européenne, qui ne manque pas de trésors gastronomiques et restaurants du monde entier. En voici encore un parfait exemple et vous y passerez une soirée chaleureuse, goûteuse et amicale. De la table à la salle, en passant par les vins, le patron et un serveur passionné… tout ici est authentique, je veux dire par là sans artifices ni fanfaronnades. Il n’y a pas de secret : des produits de qualité, une gentillesse non feinte, des compétences, le tout mâtiné de tango en musique de fond et de rires… tout cela fait un endroit où on ne regrettera pas de s’être arrêté !

L’argentine dans l’assiette, les verres et l’esprit… avec une pointe de Chili quand même.

En arrivant le soir et sous la pluie, nous repérons facilement le Nueva Buenos Aires parce que c’est une oasis de chaleur et de lumières, dans une chaussée de Waterloo toujours tristoune une fois le soleil couché. Des bougies, de la buée sur les vitres et des rires qu’on devine depuis l’extérieur… ça ne nous a donné qu’une envie : celle de pousser la porte et d’entrer. Plus tard, une fois que nous en sommes partis après une soirée plus qu’agréable, le désir d’y retourner nous a saisi, sans vouloir flatter le propriétaire Léonardo ni l’attachant serveur Carlos. Nous avons un regret néanmoins, celui de ne pas avoir rencontré la maîtresse des lieux… ce sera pour la prochaine fois. En tout cas, autant Miguel que moi, avons passé une soirée particulièrement agréable et pleine de saveurs nouvelles. Viandes et vins argentins n’ont pas volé leur réputation et la chaleureuse gentillesse sud-américaine n’est pas une vue de l’esprit, non plus ! Retour sur une soirée savoureuse et souriante…

Parlons boissons d’emblée, comme ça ce sera fait…

La crainte, quand on découvre la gastronomie d’un pays qui produit des vins réputés (mais qu’on ne maîtrise pas), est évidemment de faire fausse route au moment du choix. Ici, nul besoin de s’inquiéter, parce que Carlos est un as en la matière. Il connaît sa carte sur le bout des doigts et elle est principalement composée de vins argentins et chiliens, ce que j’ai fortement apprécié. Quand on ouvre un établissement à l’identité géographiquement très marquée, le bon choix est de ne pas proposer une carte de classiques français et de rester fidèle à ses racines, surtout quand le pays produit de bonnes choses. Pas de Bordeaux ici, mais que des vins sud-américains, choisis en fonction d’une carte variée, qui n’est pas kilométrique non plus (ce qui est rassurant quant à la fraîcheur des produits). Si c’est Léonardo qui vous accueille avec chaleur, un grand sourire et un accent à faire se pâmer toutes les dames sensibles au charme latin, il vous confie à la science de Carlos pour le choix des boissons. Et on le comprend, parce que le bougre concocte lui-même les pousse-cafés et maîtrise à la perfection les vins ! Il vous demande quel sont les caractéristiques qui vous attirent et vous dirige ensuite. Autant pour le blanc que pour le rouge, nous n’avons pas été déçus et les deux correspondaient à nos attentes. Nous parlons d’un Clos Perdiz – Valle Central – 2016 (Chardonnay Viognier blanc à 26 €) et d’un Carmenère – Legado – De Martino – Valle Maipo 2015 (Cabernet Sauvignon rouge à 29 €). Comme pour faire un clin d’œil à son propre pays, les deux étaient chiliens et manifestement ça ne pose aucun problème au patron, qui a totale confiance en son serveur. Et puis, chiliens et argentins s’entendent ici à la perfection… on n’est pas au foot. Mais, comme tout bon dîner commence par un apéritif digne de ce nom, Carlos nous a proposé et concocté un cocktail surprenant et savoureux. Un Pisco Sour (10 €) … autrement dit une tuerie. C’est un savoureux mélange de Pisco (eau de vie principalement produite au Chili, à base de raisins distillés et mise en fut de chêne), jus de citron vert frais, sirop de canne et… blanc d’œuf battu en neige ! Une délicieuse et onctueuse découverte pour nos papilles, vierges de ces saveurs. Attention : on en boirait volontiers cinq d’affilée, mais je ne suis pas certain qu’on trouverait le chemin de la sortie… En tout cas, c’était un parfait début pour cette soirée sud-américaine, au même titre que des exceptionnelles olives noires, assaisonnées par le chef et parmi les meilleures que j’aie mangé !

Nous avons choisi des entrées aussi différentes que savoureuses.

Dans un restaurant argentin, il n’était évidemment pas question pour moi de m’abstenir de me délecter d’un « ceviche ». J’ai donc choisi le plus complexe, qui m’attirait terriblement : ceviche de cabillaud, langostinos y salmon ahumado (13,80 €). C’est une superbe préparation froide de cabillaud, langoustines sauvages d’Argentine, jus de citron vert, saumon fumé, gingembre, oignons rouges, céleri, piment d’Espelette, mangue et coriandre fraîche. Des jolies tranches d’avocat parfaitement mûr et deux jolis tronçons fondants de patate douce, complétaient cet ensemble d’une fraîcheur à faire pâlir toutes les salades du monde. Jus, fruits, poissons, langoustines… l’équilibre était parfait et j’avoue que cette assiette a pris place dans mon top dix d’entrées froides, sans aucun complexe !

De son côté, Miguel a choisi une entrée chaude et la jolie cocotte qu’on lui a servie sur une élégante ardoise était aussi savoureuse que copieuse. Il avait donc jeté son dévolu sur le Saltado de Lomo Argentino Criollo (17,80 €). Voilà une entrée chaude accompagné de tranches de pain légèrement croustillantes, épaisses et huilées, pleines de saveur. Elle se compose de petites languettes de filet pur de bœuf argentin, mariné au jus de citron vert. La viande est ensuite sautée au gingembre, avec de la coriandre, de l’oignon rouge, du poivron rouge et des dés de tomate fraîche. C’est un peu relevé, mais vraiment sans excès et c’est très parfumé, grâce à la coriandre fraîche qui apporte une signature assez marquée à la préparation. La viande n’est pas trop cuite et conserve donc sa tendreté. Il faut signaler la grande qualité de la viande de bœuf, venant tout droit d’Argentine et dont nous goûterons d’autres déclinaisons, plus épurées. C’est juste un bonheur…

Le bœuf argentin en star incontestée à notre table…

Il était totalement impossible de ne pas répondre à l’appel de ce filet pur de bœuf argentin et c’est moi qui ai jeté sur lui mon dévolu. Il faut dire que je n’avais pas envisagé une seconde de choisir autre chose, tant la réputation qu’on fait à cette bébête d’exception est forte et connue dans le monde entier. Pourtant, du bon bœuf, j’en ai gouté… du Kobe de la race japonaise Tajima, du blanc bleu belge ou de l’exceptionnel bœuf de Bazas (Gironde), quand je vivais à quelques dizaines de kilomètres de Bordeaux. Au Nueva Buenos Aires, on vous sert un filet pur de 250 grammes (32,80 €), ce qui convient très bien à mon appétit. Avant d’amener votre viande, on vous apporte d’immenses couteaux à steak… très impressionnants. Pourtant, on n’en aurait presque pas besoin, tant elle est tendre ! Sans mentir, j’aurais pu la couper à l’aide d’une cuiller… la cuisson était impeccable et ce n’est pourtant pas facile de réussir à sortir une pièce de bœuf épaisse « bleu chaud ». Tendre comme du beurre, la viande est accompagnée de quelques légumes et les asperges auraient mérité une bonne minute de cuisson supplémentaire, mais c’est une question de goût. La sauce Chimichurri, une émulsion à base d’huile d’olive, persil, origan, ail, piment rouge et vinaigre, changeait des sauces européennes crémées et était agréablement parfumée. Un excellent mariage avec la viande de bœuf. Les « Papas Fritas », frites à la façon de la maison, étaient croustillantes et moelleuses, épaisses et délicieuses avec une pointe de gros sel. Cette assiette m’a plus aussi par sa légèreté et le filet pur était assez maigre pour ne laisser aucune trace de lourdeur… un petit bonheur argentin, quoi !

L’appétit de Miguel étant plus important que le mien, il a choisi une entrecôte de 300 grammes (26,80 €), mais il aurait pu la demander de 400 gr (32,20 €) puisqu’on vous la propose dans les deux « formats », si j’ose dire. Une idée intelligente, qui permet d’éviter un stupide gaspillage et d’assurer aussi une très grosse faim. La saveur est corsée et de caractère, ce n’est pas une viande rouge « transparente » (insipide ou quasi) en bouche. C’est sans doute ce qui fait la réputation du bœuf argentin dans le monde entier : sa « griffe » gustative. Personnellement, je serais curieux de goûter une de ces viandes, maturée à environ trente-cinq jours ! L’entrecôte est cuite parfaitement pour Miguel et il se régale autant des « frites » maison que moi. Sa viande est accompagnée d’une sauce Criolla : émulsion à base de tomate, poivron rouge et vert, oignon, coriandre, ail, vinaigre et huile d’olive.

Dessert et pousse café maison…

Côté dessert, une superbe crème brûlée (7,80 €) pour Miguel. Généreusement servie dans un ramequin de belle taille, la consistance est impeccable, ferme et crémeuse à la fois, parfumée sans être écœurante (ce qui arrive assez souvent) et la « croûte » brûlée, croustillante à souhait. Tout ce que j’aime ! Mais je n’en ai pas trop volé… De mon côté j’ai choisi, comme je le fais souvent pour avoir un regard sur les desserts de la maison, un beau café gourmand (12,50 €). Une mousse au chocolat noir digne de celle de mon grand-père Maitre Queux et pâtissier, ferme et forte en chocolat, parsemée de copeaux blancs et au lait. Un sablé rond, fondant comme un sucre d’orge et fourré d’une pâte chocolatée… un délice ! Un mini sabayon froid aux fraises, léger et savoureux, même si les fraises d’hiver n’ont pas la douceur de celles de saison. En tout cas, pas de fruits surgelés ici. Et enfin, un second sablé enrobé d’un glaçage au chocolat. Bref… un ensemble très gourmand et accompagné d’un café argentin bien corsé, tout ce que j’apprécie. Pour une autre table, j’ai vu Léonardo amener un sabayon fraîchement monté et j’ai demandé à goûter… j’ai presque regretté mon choix de dessert. Et pour clôturer ce repas argentin très réussi, Carlos est allé nous chercher une bouteille de Pisco qu’il a traficoté à sa façon… c’était vraiment top ! Un digestif dont il garde le secret, mais nous avions déjà compris qu’il était une sorte d’alchimiste-sorcier des boissons, qui sont sa passion.

Nous avons finalement quitté le Nueva Buenos Aires assez tard dans la soirée, après un dîner exotique qui nous a permis de découvrir de nouvelles saveurs, mais aussi marqué par la gentillesse. Et ce n’est pas ce qui concourt le moins à une bonne soirée… Lors de notre prochaine visite, nous espérons bien rencontrer la maîtresse des lieux car si elle est aussi adorable que son mari, nous passerons encore un excellent moment ! Si vous aimez la convivialité, un service aux petits oignons et sincèrement souriant, les produits frais de qualité et les portions généreuses, nous ne pouvons que vous conseiller de faire rapidement un petit tour au cœur de l’Argentine de Léonardo et de la gentillesse de Carlos. Vous ne pouvez qu’y passer un moment de qualité… à tous points de vue.

Notation Clic Infos : 4 Marcus
(1 = moyen – 2 = correct – 3 = Table de qualité – 4 = table de grande qualité – 5 = Table d’exception).

Site officiel : www.nuevabuenosaires.be

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Le supermarché de proximité : pour les retardataires du réveillon.

Ils deviennent de plus en plus nombreux et souvent ce sont des franchises de grandes enseignes. Pourtant l’ambiance y est plus conviviale, la foule moins dense et le service de qualité. Les supermarchés de proximité sont partout dans les villes et donc dans votre quartier aussi. Au début, le public était méfiant et surtout réticent par rapport aux prix, fatalement un peu plus élevés que dans leurs cousins les hypermarchés… Mais aujourd’hui ils rencontrent un véritable succès. Il faut dire que leur taille plus petite permet de mieux connaître les vendeurs, les caissières (on dit hôtesses de caisse à présent) … cela rend les courses plus conviviales et humaines. Nous avons voulu nous rendre dans l’un d’entre eux, pour voir ce que sont les tendances pour les retardataires du dîner de réveillon…

Nous y avons rencontré Bélinda, responsable du magasin Smatch de Woluwe Saint-Lambert (Bruxelles), qui a bien voulu nous répondre alors que le travail ne manque pas en ces jours de fêtes de fin d’année.

La tendance pour le dîner de réveillon reste au… classique.

Le dîner du réveillon de nouvel-an est souvent moins sophistiqué que celui de la Noël. On préfère les choses préparées ou qui ne demandent pas de long travail en cuisine. Si on aime mettre les petits plats dans les grands les 24 et 25 décembre, on a plutôt tendance à viser le facile pour la Saint-Sylvestre et le jour de l’An. Pas de dinde farcie donc, d’entrées compliquées et chaudes, en sauces délicates… par de plats gastronomiques servis à l’assiette et qui se composent de cinq ou six éléments longuement concoctés par la maîtresse (ou le maître) de maison. Les clients se dirigent donc principalement vers les grands classiques, qui ne demandent qu’à être joliment présentés à table, sans long travail de préparation : zakouskis chaud et préparés (surgelés ou frais), foie gras, terrines, huitres, caviar (quand il y en a… mais nous vous rappelons que Clic Infos vous en offre 50 grammes avec notre grand concours Caspian Tradition), homards, oursins, fruits de mers… Et il est vrai qu’on peut s’offrir un dîner varié et riche, prestigieux et savoureux, entièrement froid et sans grande dépense d’énergie en cuisine. Une bonne mayonnaise maison demande cinq minutes de travail à peine… et elle accompagnera superbement le homard ou encore les grosses crevettes, scampis et autres langoustines. Un simple jus de citron pour les huitres… un petit confit (lire notre sélection) d’oignons ou autre, pour le foie gras… et un bon gâteau qui (en Belgique) sera le plus souvent en forme de cœur… et le tour est joué. Le dîner sera léger et vous pourrez ensuite danser toute la nuit, pour célébrer l’an neuf avec vos invités !

Côté boissons, le champagne reste le grand gagnant, suivi par la déferlante Cava.

Côté boissons et outre le vin, nombreux sont ceux qui choisiront de fêter la nouvelle année avec des bulles… Si le champagne reste le grand gagnant dans le cœur des clients, ils n’hésitent plus à servir désormais du Cava. C’est la grande mode, la tendance et on pourrait même dire un véritable tsunami… Depuis environ deux ans, on les trouve partout et en quantité. Comme pour les champagnes d’ailleurs, il y a les bons, les très bons et les mauvais. Dans un supermarché de proximité, vous aurez plus de facilité qu’ailleurs pour demander l’avis d’un des vendeurs. Ils connaissent parfaitement leurs produits et les ont pour la plupart essayés. N’hésitez jamais à faire appel à eux, car ça leur fait plaisir et ils peuvent souvent vous consacrer un peu plus de temps que dans les hypermarchés bondés. Vous aurez plus de chances de trouver une dégustation dans un hyper, c’est certain… mais êtes-vous sûr que ce soit le meilleur ? Le champagne reste donc le chouchou des consommateurs et demeure plus chic. Mais les Cava ne manquent pas de répondant et il y en a de très bons. Il faut les goûter… Et puis, pour les inconditionnels, il reste la Blanquette de Limoux, les mousseux ou encore de très bons crémants d’Alsace ou du Jura, par exemple.

Ne ratez pas les très bonnes affaires de (toute) dernière minute…

Bélinda n’a pas hésité à nous expliquer qu’il y a de très bonnes affaires à réaliser dès le jour-même du réveillon, une heure ou deux avant la fermeture du magasin. En effet, comme les volumes de commandes ont souvent été un peu surestimés afin de répondre à un maximum de demandes, les remises directes sur les prix commencent le 31 décembre dans l’après-midi, quand il ne restera plus que quelques heures d’ouverture à peine. Huîtres, fruits de mer, poissons frais et quelques autres stars du dîner seront « soldés », car ils doivent être consommés dans un court délai. C’est donc le meilleur moment pour réaliser de bonnes affaires et quelques économies sur votre dîner de la Saint-Sylvestre. Si vous avez prévu un autre repas avec des amis le 2 janvier, vous trouverez encore plus de produits à prix réduits : foies gras, petits fours et desserts surgelés… C’est l’occasion de prolonger un peu le plaisir des fêtes, sans trop de dépenses.

En tout cas, quelle que soit la période de l’année, les supermarchés de quartiers présentent de nombreux avantages. Si, comme moi vous n’aimez pas la foule et les interminables files en caisse, faire vos courses cinq jours à l’avance en devinant ce dont vous aurez envie d’ici là… ne pas devoir prendre la voiture et faire vos courses à pieds… ils sont parfaits. Et puis, les hypermarchés n’y perdront finalement pas grand-chose si vous devenez fidèle à un « petit super de proximité ». De plus, vous rendrez au moins un peu de vie à votre quartier… ce qui n’a pas de prix !

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Chez Léon : une légende de la restauration bruxelloise depuis six générations.

S’il est un restaurant de légende à Bruxelles, dont le cœur bat à l’unisson avec celui de la capitale de l’Europe et qui existe depuis la fin du 19ème siècle… c’est bien chez Léon ! Ouh là… je vous entends déjà : « c’est un truc à touristes », « une usine à moules », « ce n’est pas là que vous allez manger gastro ». Ah ça… je confirme, ce n’est pas du gastro, mais c’est vraiment bon et très gai ! J’avoue y être allé avec les même idées préconçues, véhiculées par des gens qui répètent à l’envi les bêtises qu’ils entendent, sans même se souvenir où ni de qui. J’étais donc prêt à affronter un resto touristique, de cuisine de masse et sans grande qualité. Pourtant, ce fut tout le contraire et la soirée m’a aussi rendu des souvenirs d’enfance délicieux, m’a fait découvrir une vraie brasserie, profondément liée à sa ville. J’y ai non seulement très bien dîné, mais y ai aussi passé une soirée entre rires, étonnement, conversations animées, rencontres catalanes et accent bruxellois ! Une soirée que vous devez absolument vous offrir, pour (re)découvrir le royaume des Moules-Frites et des croquettes aux crevettes grises…

Une maison du 19ème, mais une entreprise du 21ème siècle, respectueuse de ses racines.

En fin d’année, Bruxelles se pare de guirlandes lumineuses et décorations, ce qui rend les ruelles avoisinant la Grand-Place encore plus belles que d’habitude. Et quand on arrive devant le restaurant au soir d’une manifestation de 45.000 catalans, ils sont transformés en touristes et les touristes… vont Chez Léon ! C’est sans doute de ce succès auprès des étrangers visitant la capitale, qu’est venue cette très imméritée réputation de « restaurant à touristes ». Si on peut affirmer que les maisons de ce genre sont nombreuses dans le quartier de l’Îlot Sacré, le plus populaire (dans le sens noble du terme) ne peut aucun cas y être assimilé, je l’écris haut et fort. Certes, les chiffres sont impressionnants, les quantités monstrueuses, nous y reviendrons… mais pas au prix de la fraîcheur des produits ni de la qualité de la cuisine. Il faut rendre justice à Chez Léon : tout y est frais et cuisiné maison, dans le plus strict respect de recettes parfois centenaires. J’ai pu parler longuement avec Kevin Vanlancker, jeune « héritier » de la maison et sixième génération de cette dynastie de restaurateurs… quelle découverte ! Trente ans, un physique de jeune premier et une tête non seulement bien faite, mais solidement vissée sur les épaules. Reprendre un flambeau aussi symbolique dans sa ville que l’enseigne Chez Léon, ce n’est pas rien et une immense responsabilité pèse sur les épaules du jeune homme. Il tient à respecter les codes de la maison, les valeurs de la famille et de l’enseigne, tout en y amenant la touche de modernité qui sera un jour la trace qu’il y aura laissée (par exemple, la création d’une bière, dont nous vous parlons par ailleurs). S’il espère qu’un jour ses enfants prendront à leur tour sa suite, il ne les obligera pas à suivre sa voie et ils seront libres de choisir la leur, même si elle ne trempe pas dans la restauration. Il est sur tous les fronts : gestion, commandes, service, personnel… et toujours dans le respect de celui qui est face à lui, qu’il s’agisse d’un touriste chinois, membre d’un groupe de 200 (c’était le cas ce soir-là et je vous assure que c’est long à la sortie…) d’un journaliste, d’un membre de son personnel ou de quelqu’un qui lui demande où sont les toilettes. Toujours un sourire, le mot patient et juste, alors qu’un samedi très chargé… il lui est arrivé de parcourir pas moins de 36 kilomètres, dont une moitié dans des escaliers ! J’ai eu l’occasion de parler aussi avec un serveur qui n’était Chez Léon que depuis une semaine, après quelques années passées dans des restaurants du quartier. Pour la première fois, il se sentait respecté et travaillant dans de bonnes conditions. Si une maison respecte son personnel, elle ne peut que faire de même avec ses clients. Et c’est bien ce que je m’apprêtais à découvrir en passant à table…

Ce n’est pas gastro, mais que c’est bon !

Bien entendu, je n’allais pas commencer par autre chose que des croquettes de crevettes grises (13,95 €) … on est de Bruxelles ou on ne l’est pas ! Et attention, non seulement j’aime ça, mais je sais les préparer et serai donc intransigeant. On a toujours peur de se retrouver face à deux misérables « boudins » panés à outrance et dégoulinant d’un intérieur quasi liquide, où se battent dix crevettes, parfois grises. Si l’assiette n’a en effet ici rien de gastronomique dans sa présentation, ce qui y est servi est digne d’une cuisine de grand-mère brusselesse (féminin de brusseleïr, habitant de Bruxelles et fier de l’être – NDLR) ! C’est ferme, parfaitement chaud, croustillant, l’appareil se tient parfaitement bien et le moins qu’on puisse dire est qu’on a de la crevette… bel et bien grise. La quantité n’est pas chiche, malgré les prix du marché qui poussent certains restaurateurs à en diminuer la quantité ou à augmenter leurs prix. Le persil frit est évidemment généreux et le quartier de citron ne manque pas à l’appel. Dieu sait qu’il est indispensable à l’équilibre des saveurs de cette entrée typiquement belge, qu’on trouve principalement et traditionnellement à la carte des tables bruxelloises ou de la côte. Mes idées préconçues ont pris une méchante claque et mon amour de la cuisine une voluptueuse caresse… c’est top ! Pour accompagner le dîner, j’ai choisi un Chablis Domaine Laroche – Saint Martin 2016 (54,50 €), le luxe d’un petit plaisir bourguignon.

Miguel, de son côté a choisi les moules gratinées à l’ail (17,75 €). Évidemment, en portugais qui se respecte, il s’attendait à les trouver préparées à la manière qu’il connaît le mieux : recouvertes d’une bonne couche de chapelure. Mais ici, juste de très bonnes moules, du bon beurre, du persil et de l’ail « et pis c’est tout » ! J’ai évidemment goûté et c’était délicieux. Les moules goûteuses et iodées à la chair tendre, le persil présent mais sans tout envahir y compris la bouche et l’ail ne jouait pas les arlésiennes. À éviter toutefois, si vous prévoyez de finir la soirée en distribuant des bisous à tout le monde, car vous risquez d’être assez repoussé. La quantité est généreuse pour une entrée (une vingtaine de moules) et le beurre fondu aussi… alors on sauce et on redemande du pain. Ce n’est pas très diététique, mais si bon. Bref, encore un bon point.

En aucun cas je ne pouvais commander autre chose que des moules ! Chez Léon est quand même réputé pour ça et aussi loin que je me souvienne, elles y ont toujours été délicieuses, même si je n’étais plus venu depuis une vingtaine d’années… Mais, étant donné que les mauvaises langues s’en sont donné à cœur joie depuis, je voulais vérifier par moi-même. Eh bien comme pour le reste, je n’ai été que parfaitement heureux de ce qu’on m’a servi. Quand on prend des moules à la crème à l’ail (25,85 €), c’est qu’on attend quelque chose de goûteux, généreux et surtout velouté. Ben oui… cette fois on ne sauce plus, on y va carrément à la cuiller ! 800 grammes de belles moules de Zélande, charnues et marines, servies dans une casserole traditionnelle, en quantité parfaite, surtout quand on a pris une entrée. On les mange avec les doigts, utilisant une coquille vide pour pincer les autres… c’est tellement plus savoureux comme ça ! La sauce est parfaite, crémeuse à souhait, aillée mais pas tueuse, c’est tout ce que j’espérais. Cela mérite un 9,9/10, juste parce qu’en théorie la perfection n’existe pas. Les frites sont impeccables aussi, évidemment maison et cuites deux fois, pour obtenir cette belle couleur dorée et une frite croustillante… fondante à cœur. Ce plat est copieux et irréprochable.

Miguel, pour faire bonne mesure et prendre autre chose que des moules afin que nous puissions vous parler aussi viande, a choisi l’entrecôte à 22,55 €. Encore de l’ail et du persil… C’est la seule petite fausse note de la soirée : le serveur a proposé une sauce du jour, mais sans nous prévenir que c’était pour le coup encore de l’ail et du persil. Mais, cela n’a pas provoqué la plus petite humeur sombre et la viande était comme Miguel l’avait demandée, bleue et chaude. Nous nous sommes d’ailleurs dit que dans un restaurant de 500 couverts avec plein d’escaliers partout, c’était une vraie prouesse. Étonnant et notable… mais ce n’était pas la première fois de la soirée que nous étions agréablement surpris. Un peu de verdure, une tomate rôtie aux herbes et des frites, accompagnaient bien agréablement cette belle pièce de viande.

Coté dessert, nous nous sommes contentés de partager une copieuse crêpe « Léon » flambée à 9,95 €. Un classique bien réalisé et parfumé. Quelques quartiers de mandarine et une boule de glace vanille de qualité… un dessert sans qui ne prétend rien révolutionner, mais juste faire plaisir au convive qui a déjà fort bien dîné.

Une maison ancienne dans un quartier magique et historique, un personnel très attentionné malgré le nombre de couverts, sont autant d’atouts. Un dîner sans faute, des produits de grande fraîcheur et le respect de recettes traditionnelles… Je ne sais pas si on peut dire qu’on est ici dans une « brasserie », car c’est tout simplement unique et finalement inclassable. C’est juste Chez Léon. Pour vous amuser, voici quelques chiffres qui impressionnent et prouvent qu’on peut allier quantité et qualité. Notre notation finale tient compte aussi la magie unique de cette vénérable maison plus que centenaire, qui ne cesse d’être jeune à sa manière. Ah oui… Chez Léon n’a plus rien à voir avec les restaurants « Léon de Bruxelles » à l’étranger. La famille Vanlancker a décidé d’en revenir aux sources historiques de leurs racines et de se recentrer sur l’endroit dont ils ont fait une légende urbaine, depuis six générations !

Chez Léon, c’est donc aussi : 350 kilos de moules par jour (entre 10 et 12 tonnes par mois) – 350 croquettes de crevettes quotidiennes – 300 kilos de frites par jour – environ 1.300 couverts quotidiens (le record est de 2.600 à l’occasion d’un tapis de fleurs sur la Grand-Place) – 420 places assises (c’est gratuit pour les enfants toute l’année et les moules sont à volonté tous les dimanches soir) – environ 15/20 km par jour, parcourus par les serveurs (25 à 30 durant les grosses journées) – une équipe de 100 personnes et une bière originale signée Léon, qu’on peut à présent déguster au restaurant.

Notation : 4 Marcus
(1 = moyen – 2 = correct – 3 = Table de qualité – 4 = table de grande qualité – 5 = Table d’exception).

Site officiel : www.chezleon.be

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